En 1988, je découvre par la presse que le système expert Joséphine dont je suis si fier présente des défauts nouveaux, que m’a cachés la Banque de Bretagne. Vu les retombées financières et médiatiques de l’installation de Joséphine à Paris et Rennes, et vu l’efficacité du logiciel en clientèle, le service Analyse Financière qui a fourni les experts est content. Mais apparemment pas le service informatique. Alors que celui-ci a accepté de financer le développement du mois de test mi 1986, j’apprends deux ans plus tard qu’il  a refusé le financement de la suite… C’était donc le service Analyse Financière qui avait du « racler les tiroirs » pour pouvoir payer ma société et terminer Joséphine, ce que je ne savais pas. Tout le mérite de la pub faite à la banque lui revenait donc. De même, alors que le succès du projet est avéré, le service informatique persiste à refuser le financement des mises à jour annuelles de l’application. Or elles sont nécessaires pour tenir compte des nouveaux produits de la banque, des nouveaux dispositifs fiscaux et légaux et de l’amélioration de l’expertise. Le problème, c’est que l’argent gagné par Joséphine ne se retrouve pas dans les mains du service qui l’a payé… Après 2 ans sans modernisation, les conseils fournis par Joséphine sont devenus dépassés…

Mes amis experts de la Banque ne m’ont jamais parlé de leurs problèmes internes de financement. Probablement par honte d’étaler leurs divisions internes. Sinon, j’aurais fait l’effort de ravaler gratuitement cette belle vitrine de ma technologie, dans mon intérêt bien compris. Je ne découvre l’obsolescence de Joséphine que le jour où un journaliste la découvre lui-même. Il se fait alors un malin plaisir de rédiger un article retentissant pour déboulonner l’idole : « Joséphine opérationnel ? Oui, mais… ». Comme bien d’autres, c’est par la presse que je découvre un problème qui me concerne personnellement… L’année suivante, la Banque de Bretagne sera nationalisée par notre ami Mitterrand et Joséphine enterrée… « Sic transit gloria mundi »…

Pourquoi cette opposition de la part du service informatique ? Parce que ma technologie permettait au service Analyse Financière de développer des logiciels sophistiqués sans recourir aux informaticiens de la banque. Ce progrès, c’était le début de la fin du pouvoir des informaticiens et, cela, ils ne pouvaient l’accepter. Tant pis pour leur entreprise…

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