1.   Refus de m’envoyer un dossier de demande de subvention à remplir

L’Anvar, c’est l’ex-« Agence Nationale de VAlorisation de la Recherche », devenue plus tard Oseo. Son rôle consiste à subventionner ou cofinancer les projets innovants de PME. A Nantes, son agence est mon interlocuteur incontournable pour obtenir des aides à la recherche et l’entrée d’investisseurs dans mon capital. Pendant des années, je me heurterai à ses refus systématiques d’aider mon entreprise, allant jusqu’à son torpillage pur et simple ! Voilà le point de départ du conflit.

En 1989, je décide de tenter d’automatiser ma méthode d’écriture de systèmes experts la Maïeutique qui, à l’époque, est encore manuelle, sur papier. C’est un pas énorme que je vise : un logiciel, qui sera baptisé Maïeutica, qui interview lui-même l’expert comme je le ferais. Il écrira lui-même le système-expert que j’écrivais à la main et, en même temps, il le fera tourner devant lui pour lui montrer la progression de son travail. Ce serait une 1ère mondiale de plus. Je sollicite timidement, pour la 1ère fois de ma vie, une petite aide Anvar de …30 000 F (4 500 €) ! La somme est ridicule mais j’ignore les usages qui sont de réclamer des millions de Francs… L’Anvar ne répond à aucun de mes courriers. Je multiplie les coups de téléphone pour demander un dossier de demande de subvention à remplir et n’en reçois toujours pas. Là encore, je me sens victime de l’ostracisme…

Après des mois à attendre vainement, je m’en ouvre accidentellement auprès de mon client l’ANCE. Il est scandalisé. Il m’apprend que l’ANCE dispose justement d’un médiateur chargé de faciliter les relations entre créateurs d’entreprises et administrations. Ah bon ? Il y aurait un problème de ce côté-là ? (rires). Quand ce médiateur découvre mes déboires, il monte sur ses grands chevaux, me dit, hystérique, que l’Anvar est très mal vue ne ce moment au gouvernement et qu’il se fait fort d’obtenir pour moi le fameux dossier à remplir. Bon, vu le bonhomme, je ne m’attends pas à grand-chose. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent (dixit Chirac), alors j’attends. Deux mois plus tard, je reçois un coup de fil du patron de l’Anvar-Nantes, M. Charpy, furieux ! La voix tremblante de rage, il me dit que ce n’était pas la peine de faire tout ce foin ! Il m’engueule. Alors je l’engueule… Mais il accepte quand même de me transmettre le dossier. Il m’apprend qu’il s’est fait sonner les cloches par l’Élysée soi-même ! En fait, la sanction va aller beaucoup plus loin : il va se faire virer ! Peut-être le sait-il déjà, ce qui expliquerait sa rage… Finalement… j’ai le bras long !

2.   Benoît Faller, « expert » Anvar : un …universitaire

Je viens donc de franchir victorieusement le 1er obstacle administratif du créateur d’entreprise français moyen : l’absence totale d’écoute. Reste à triompher du second : obtenir des sous… L’Anvar procède toujours – et ça c’est normal – à une expertise du projet avant d’accorder son aide financière. Un expert est donc missionné. Pour moi qui suis si naïf et pétri d’idéal (vous l’aurez constaté), je m’attends à ce que cet expert soit un ponte qui a un vrai savoir-faire, donc un ingénieur du privé ou un patron d’entreprise industrielle. Je l’attends avec impatience, ravi d’échanger avec lui. Hélas, l’expert se révèle être …un jeune universitaire à peine sevré ! Gasp ! Donc, pas un copain avec qui j’aurai plaisir à échanger… Mais il se trouve que, lui et moi, nous nous connaissons bien. Il s’agit de Benoît Faller. Il est à l’époque très loin d’être un expert en IA, je le sais pour avoir travaillé sur un dossier avec lui deux ans auparavant pour le compte d’un salon privé sur l’Intelligence Artificielle. Nos points de vue avaient convergé, nous avions bouclé le rapport sans conflit, ce qui montrait qu’un chercheur du privé peut quand même travailler en harmonie avec un universitaire honnête, et nous nous étions quittés bons amis. De toute ma vie, ce fut le seul exemple de collaboration avec l’université que j’ai eu l’honneur de connaître…

3.   Un rapport d’expert à charge …reconnaissant quand même l’intérêt de mon invention

C’est donc grâce à l’Anvar que nous nous retrouvons deux ans après. Toujours incurablement naïf, je me dis que, connaissant déjà mes idées – et les respectant – sur l’IA depuis l’étude que nous avons faite ensemble, il va être curieux de découvrir mon invention et tiendra à les soutenir. Hélas, je rêve, une fois encore… Il étudie avec moi mon projet Maïeutica, qu’il trouve passionnant. J’en suis ravi. Puis, une fois rentré chez lui, il rédige son rapport qui recommande à l’Anvar …de refuser ma demande d’aide ! Selon lui, mon idée est intéressante mais ma société est incapable de la mettre en œuvre. En fait, il ne me faudra que deux mois pour la mettre en œuvre par la suite. On peut difficilement faire plus court pour développer une invention… En dépit de cet avis négatif de l’« expert », Charpy, étranglé par la pression élyséenne, est contraint de m’accorder l’aide. Comme j’ignore tout de la puissance de mes soutiens occultes et des consignes qu’ils ont données à l’Anvar, je réclame la somme ridicule de 25 000 €, qui doit encore bien faire rire Charpy dans sa chaumière…

4. Mes concurrents Cognitech et Framentec reçoivent, eux, 1 600 000 € ! Mais ce sont des nids d’universitaires : détournement d’argent public…

Il s’est bien gardé de me le dire, mais j’aurais pu solliciter une aide beaucoup plus conséquente. En effet, à cette époque, l’Anvar-Paris consent à mes concurrents – Cognitech et Framentec – 800 000 € chacun ! Et pour quelles « recherches » ? Eh bien, pour commercialiser une technique …américaine ! Ces sommes pharamineuses ne sont même pas consenties pour financer la recherche française ! En dépit de ces soutiens scandaleux, ces sociétés disparaîtront par la suite. Vive la France et son sens du gaspillage des deniers du contribuable. C’est le moment de se poser la question : pourquoi ces deux start-up ont-elles obtenues ce qui à moi fut refusé ? C’est très simple :

  • Cognitech est fondée par deux « chercheurs » universitaires français : Jean-Paul Haton et Alain Bonnet. En fait, les subventions réservées au privé retombent une fois de plus dans le public… Sans compter les conflits d’intérêt déjà rencontrés avec Filoupé : des universitaires cumulant deux salaires…
  • Framentec se présente comme une joint venture détenue à 50/50 par le groupe français Framatome et la société d’IA américaine Teknowledge ! Dans les faits, elle est dirigée par Framatome, une entreprise française publique. Teknowledge n’a rien à dire, surtout que ce sont ses logiciels que Framentec s’engage à vendre ! L’Anvar finance donc une start-up pour qu’elle introduise en France une techno américaine…

L’argent du contribuable, prélevé de force par l’administration, retombe toujours dans les poches de l’administration… Ces détournements constants sont franchement écœurants et expliqueront les reproches que je ferai à l’Anvar dans mon article Science et Vie (voir 1991).

Heureusement, tout en ne disant pas grand chose dans son rapport à l’Anvar, Faller a tout de même reconnu par écrit qu’il trouvait mon projet « intéressant ». Or, cet universitaire représente la recherche officielle en IA en France, d’où son choix par l’Anvar ! Pour la première fois, un chercheur universitaire en IA avoue croire en mon invention (la Maïeutique) pour faire de l’Intelligence Artificielle…

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