A Nantes,  » le responsable du labo Intelligence Artificielle de l’Université de Nantes » n’est pas le seul à prétendre officier en IA. Il y a bien 5 ou 6 laboratoires informatiques universitaires œuvrant dans ce domaine. Ils forment des étudiants qui cherchent ensuite à se faire embaucher dans cette discipline, le plus près de Nantes possible. Or, depuis 1986 jusqu’à ce jour un seul étudiant nantais en formation Intelligence Artificielle a pris contact avec moi ! C’est un étudiant de l’Ireste (baptisée Polytech par la suite) qui a découvert l’existence d’Arcane par hasard. Il me confirme ce que je savais déjà : son professeur d’IA, le tristement célèbre Philoupé (voir 1986), envoie ses étudiants faire des stages dans sa société, Performanse, aux frais de l’État – donc aux miens – pour y produire des logiciels qu’il revend sur le marché. C’est sûr, dans ces conditions les logiciels n’ont pas coûté cher à Performanse et je ne peux pas m’aligner. Mais il m’apprend aussi quelque chose que je n’avais pas soupçonné : Philoupé ne parle jamais à ses étudiants de l’existence d’’Arcane, bien que ce soit une société spécialisée en IA installée à Nantes qui les concerne au plus haut point ! Je pensais qu’il continuait ses médisances contre moi dans ses classes, mais non. Il a simplement choisi de ne pas parler du tout de mon entreprise. Une fois de plus, notez-le bien c’est important pour la suite, l’attaque est anonyme… Du coup, ces pauvres passionnés d’IA ne pouvaient entrer en contact avec moi, obtenir des stages de recherche chez Arcane subventionnés par l’État et, en conséquence, y être ensuite embauchés… Ceux qui auraient fait des stages chez moi et que je n’aurais pas embauché auraient pu, une fois entrés dans la vie active, me contacter pour me demander d’introduire mon invention dans leur entreprise. Ainsi, ensemble, nous aurions fait quelque chose que nous aimions : quelque chose d’utile… Ces étudiants hyper-diplômés finissaient par accepter des postes d’informaticiens classiques et développer des programmes sans intérêt pour eux. Voilà où mène la formation universitaire comparée aux formations privées. Combien de ces étudiants désabusés j’ai rencontrés au cours de ma carrière ! Ce fut le cas de Lionel Barbotteau, l’informaticien que j’ai embauché en 1986 et qui est resté avec moi jusqu’en 2005. C’est un ingénieur formé à l’Insa Rennes qui avait opté pour la spécialité IA. Fin 1985, donc avant la création d’Arcane, il n’avait trouvé aucune société dans l’Ouest recrutant dans ce domaine alors que l’IA avait encore le vent en poupe. Il était entré chez Alcatel Nantes où il faisait de la programmation sans intérêt pour lui. Il avait alors découvert mon annonce en janvier 1986 et s’était empressé de candidater. Trois mois après son entrée chez Alcatel, il les a quittés pour entrer chez Arcane. Il trouvera ce boulot si passionnant qu’en dépit de 20 ans de galère avec moi, décrits en partie dans ce livre, il ne me quittera pas.

Ce sympathique étudiant de l’Ireste qui a réussi à découvrir l’existence d’Arcane me propose de le prendre en stage ou en thèse… Trop désolé, je suis contraint de lui avouer piteusement que je ne peux rien faire pour lui. Les temps sont très durs, et pas que pour moi ! Ma société est en situation critique à cause de tous les ennuis qui me tombent dessus, dont son prof Filoupé est une des causes. Là-dessus, on est en 1994 et c’est la crise ! La fameuse « Crise du Golfe » qui paralyse toute l’économie française et d’abord les métiers de l’informatique ! Je viens d’être contraint de licencier deux salariés pour conserver la tête hors de l’eau. Je ne vois pas de projet intéressant à lui proposer en ce moment et faute de commandes, sur quoi pourrais-je le faire bosser ? Il compatit gentiment à mes malheurs et me dit qu’il va quand même faire une publicité d’enfer à l’Ireste  pour ma société ! Ce qu’il a vu tourner ici, il le trouve passionnant. Hélas, je ne pourrai avoir la joie d’accueillir ses copains étudiants de l’Ireste : je vais bientôt déposer le bilan…

C’est vraiment l’enfer : quand je suis enfin en contact avec un étudiant chercheur de ma ville, ma société est dans un tel état de faiblesse que je ne peux en profiter…

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