La « Crise du Golfe », ajoutée à tant d’adversité et aucune aide à l’innovation, porte un coup sévère à mon entreprise : depuis 1992, les affaires se tarissent progressivement, chez moi comme chez les autres. Mes clients sont en difficulté, ils ne commandent plus, ils se font tirer l’oreille pour nous payer.

En septembre 1995, nous ne sommes plus que deux chez Arcane : Lionel Barbotteau, mon fidèle informaticien depuis janvier 1986, et moi-même. Anxieux de la situation, je rencontre plusieurs fois un juge du tribunal de commerce de Nantes chargé des sociétés en difficulté : M. Humeau. Rappelez-vous bien de ce nom, on va le retrouver ensuite dans quelques affaires pas propres (voir 1999, 2000, 2001, 2002) ! J’étudie avec lui les possibilités de m’en sortir mais autour de nous c’est l’hécatombe parmi les sociétés de services… C’est un homme apparemment correct et sérieux, expert-comptable et commissaire aux comptes. Il m’écoute, m’interroge et ne me reproche rien. Il faut dire que les dépôts de bilan vont bon train en France en 1995 et qu’il n’y a rien à dire ni à faire.

En septembre, j’acquière la douloureuse conviction que je ne réussirai jamais à redresser Arcane. Je décide donc de déposer le bilan. C’est un moment difficile sur lequel je n’ai pas envie de m’étendre. Cette chute me ruine… Surtout, elle provoque un an après celle de la « maison-mère » que j’avais fondée auparavant, une société vide de personnel mais possédant la technologie qu’utilisait Arcane. Pour la suite, retenez essentiellement deux choses : ce dépôt de bilan est fait proprement et le mandataire nantais chargé de la liquidation de ma société s’appelle Me Dolley… Celui-là, je n’en entendrai pas parler jusqu’en 1998. Et là, va commencer par sa faute la plus injuste et violente attaque d’Etat que j’ai jamais subie…

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