Mon dépôt de bilan m’a ruiné. Je n’ai pas le droit au chômage puisque je suis « dirigeant », donc un ennemi de la nation …ou plutôt de l’État. Petit remerciement ému à cet État-fonctionnaire qui met plus bas que terre les Français qui ont entrepris, pour le bien commun, et finalement perdu jusqu’à leur chemise. N’ayant plus aucun revenu, je suis contraint de mettre en vente notre chère maison, le nid douillet de mes quatre enfants bienaimés. Ma femme et moi l’avons achetée il y a quelques années, avant la création d’Arcane, quand j’avais un bon salaire… C’est une charmante maison de deux étages en centre ville, avec une jolie véranda donnant sur une terrasse de carrelage rouge et le gazon vert d’un grand et très joli jardin arboré. Celui-ci n’est pas le plus grand des jardins privés mais c’est il est très beau de l’avis de tous avec sa profondeur, ses vieux murs, ses plantes grimpantes, ses arbres, ses fleurs, le chant des oiseaux comme si on était à la campagne, toutes ses couleurs et son aspect naturel. Il est plein de recoins et de cachettes pour les enfants. Au fond, j’ai creusé un petit bassin où j’ai mis des plantes d’eau avec des poissons rouges et des têtards trouvés dans les flaques dans les champs. Ces têtards ont donné des crapauds qui chantent la nuit de leurs petites voix flutées… Près du bassin, une porte donne sur un vieux puits. 14 ans plus tard, mes enfants se souviennent toujours des jours heureux vécus dans cette maison et continuent à la regretter… La perversion de mes adversaires ne m’a pas atteint seulement dans ma vie professionnelle, mais aussi dans ma vie familiale. La perte de ma maison illustre les malheurs qui guettent l’homme entreprenant.

Bien que nous soyons en période de crise, notre maison est si belle qu’elle trouve un acheteur prêt à payer le prix fort. Nous nous disons qu’après avoir remboursé les différents emprunts, il va nous rester de quoi vivre pendant un an et demi, un temps suffisant pour que je retrouve un job. Hélas, je rêve encore… Le loup est déjà toujours dans la bergerie, prêt à me sauter dessus. La vente terminée, le notaire m’informe que, après remboursement des dettes, contrairement à ce que nous espérions, il reste juste de quoi vivre 4,5 mois. Je découvre avec horreur que le fisc a encore frappé : il a profité de notre malheur pour nous prendre 33 000 € par une hypothèque secrète de notre maison effectuée depuis je ne sais pas quand ! Soit 76 % du produit de la vente une fois remboursés les crédits en cours et les frais de l’opération ! Il nous reste 10 000 € sur les 227 000 € de la vente ! Affolé, je contacte les Impôts, pour avoir une explication. Ils m’expliquent tranquillement qu’ils l’ont fait « comme c’est leur droit » pour récupérer de force le crédit d’impôt recherche sur lequel nous sommes en contentieux ! Il paraît qu’en France, le fisc peut hypothéquer ainsi les biens du citoyen sans l’en informer… Or, la justice n’a pas encore tranché sur notre litige et la moitié de la maison est à ma femme ! Décidément, nous ne sommes pas en République, ni en démocratie, nous sommes en dictature ! Pire encore, si c’est possible, comme cette opération fut menée en secret je n’ai pas pu préparer notre avenir avec si peu d’argent. L’insupportable anonymat des attaques administratives… Comment allons-nous convaincre un propriétaire de nous louer son appartement avec 10 000 € en poche ? Ma femme et moi sommes accablés. Nous n’avons plus de maison, pas assez d’argent pour un louer une et quatre enfants…

Je tente de me rebeller. Le fisc a saisi un bien appartenant à 50% à ma femme et notre contrat de mariage est basé sur la séparation de biens. Il vient donc de lui voler 50 % du produit de la vente saisi, soit 16 500 €. J’adresse une lettre aux Impôts pour le leur signaler et leur demande de restituer la moitié de leur prélèvement à mon épouse. Comme de bien entendu, pas de réponse… Et je n’ai plus un rond pour prendre conseil auprès d’un avocat. J’attends alors la décision du tribunal administratif sur le crédit d’impôt recherche. Malheureusement, comme nous allons le voir, cette « justice » administrative n’a rien de la justice, elle n’abordera jamais la question du vol du bien de ma femme et me donnera toujours tort (voyez 1999 et 2003). Ma femme ne me le pardonnera jamais.

Voilà comment l’injustice à la française, après avoir pollué ma vie professionnelle, puis ma vie familiale, vient polluer également ma vie de couple… 

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