J’ai eu l’occasion de constater mainte fois les côtés pernicieux de l’institution « consulaire » de Nantes, soit sa chambre de commerce, pendant que j’étais au Club des Créateurs d’Entreprises. En effet, c’est elle qui hébergeait et supervisait le Club. Bien entendu, j’ai ouï dire comme tout le monde des manipulations douteuses des chambres de commerce. Par exemple, les délits d’initiés, leur entente avec les tribunaux de commerce, la création de services bon marché concurrençant illégalement les consultants privés locaux. Mais, comme ce blog ne relate que ce que j’ai vécu personnellement, je vais me contenter de montrer l’absence totale de contrôle de la Chambre sur le club des créateurs d’entreprises qu’elle héberge et supervise, donc son absence de soutien envers l’avenir économique de la région nantaise, donc finalement son inutilité…

C’est au Club des Créateurs de Nantes – en tant que Secrétaire élu pendant trois ans – que je touche du doigt la faillite de nos institutions prétendument démocratiques. D’élection en élection, j’assiste impuissant à la progressive et sournoise entrée d’irresponsables dans l’organe dirigeant de ce club : le Bureau, auquel j’appartiens. Jusqu’à ce que ce Bureau élise lui-même en son sein le fantoche qui va finir par tuer l’association.

Tout en combattant pour que mon entreprise survive, je me bats aussi pour la notoriété de notre club. Dès ma première élection, comme secrétaire du club, je joue mon rôle le plus activement possible. Au point qu’au lieu du président, inactif, je finis par devenir l’âme et le dirigeant de fait du club. En effet, au cours des années, les membres du club vrais chefs d’entreprise, ceux qui ont des relations, les vraiment compétents et actifs, ont disparu du club. Ils ont été progressivement remplacés par des consultants, des conseils, des sociétés de service unipersonnelles, souvent au chômage. Ceux-ci sont beaucoup plus libres de leur temps mais sans âme ni ambition. Ils sont là par intérêt : obtenir des commandes des membres chefs d’entreprises. Leurs caractéristiques communes : la volonté de ne pas embaucher et de ne pas prendre de responsabilités. Les vrais créateurs les considèrent comme des parasites et finissent par ne plus venir au club. Déjà, ils refusent de se faire élire au Bureau, conscients qu’ils ne pourront pas lui consacrer assez de temps. Je resterai 3 fois secrétaire du club. Dès la 2ème année, je suis le seul à avoir des salariés… Pendant ces trois années, le Président du Club sera toujours un gentil fantoche, le seul retenu par les autres membres du Bureau car on sait qu’il aura le temps et ne pourra pas déposer le bilan vu qu’il n’est pas réellement patron… Il accepte parce qu’il a reçu l’assurance qu’il n’aura pas à animer le club et qu’un autre le fera à sa place. A savoir le Secrétaire, moi-même. Cette solution est bâtarde mais j’ai refusé trois fois l’« honneur » de la présidence car ma société – pour les raisons que vous savez – est trop fragile.  Je veux épargner au club le déshonneur d’un Président en faillite. J’ai eu tort. Mon entreprise a duré beaucoup plus de temps que je ne le pensais et, pour aider les vrais créateurs, mieux vaut un vrai créateur fragile et vrai patron qu’un consultant solide mais sans ambition.

Cette année, le Bureau est composé comme d’habitude de 6 personnes élues dont une seule a des salariés : moi. Les autres sont des sortes de consultants… Ce sont les élus du Bureau qui accueillent les candidats au club et les recrutent. Comme par hasard, c’est le seul travail qu’ils font sans rechigner, le seul pouvoir réel qu’ils assument volontiers. Je suis ravi de les voir ainsi prendre leur job au sérieux. Jusqu’au jour où je me rends compte qu’ils ne recrutent que leurs semblables : des consultants sans personnel, sans intention d’embaucher et sans ambition. Lors d’une réunion du Bureau je souligne le problème : nous ne recrutons pas de vrai créateur. Ils me répondent : Nous avons de moins en moins de membres cotisants. Que visons-nous ? Un club nombreux avec de faux créateurs ou un petit club avec des vrais ? Bien entendu, je penche pour la seconde solution, la seule correspondant au club, la seule nous permettant de repartir dans la bonne direction. Mais je me rends compte qu’ils ne peuvent l’accepter car c’est eux, à leur tour, qui se retrouveraient étranger à leur propre club… Je réussis à leur imposer ce moyen terme : on n’accepte comme membre que des créateurs d’entreprises « ayant l’intention d’embaucher ». Ça limitera le nombre d’impétrants mais pas trop…

Tout le monde se déclare satisfait de ce compromis mais, sans le savoir, je viens de semer la graine qui va m’exclure du club…

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