1. Faux témoignage de la police

Le 25 juin 1999, j’ai prêté ma voiture à un(e) ami(e) pour la matinée. Il revient me la rendre, catastrophé, me disant qu’il a été « radarisé » sur l’autoroute de Rennes un peu avant d’entrer à Nantes, que des flics lui ont demandé de se ranger sur le bas-côté et qu’il ne s’est pas arrêté ! Lorsqu’il a vu la queue de voitures piégées par la maréchaussée arrêtées sur le bas côté et l’inattention des flics, très occupés à gérer leur pêche miraculeuse, il a fait semblant de s’arrêter puis il est reparti… Comme il a vu dans son rétro un flic gesticuler sur la route pour le sommer de revenir, il pense qu’il a peut-être eu le temps de relever le numéro de ma voiture. Concernant la conduite à tenir si la police se présente, il me laisse libre de mon choix. Je me rappelle qu’en droit, bien qu’il s’agisse de ma voiture, la loi m’autorise à ne pas dénoncer le conducteur et qu’il paiera l’amende.

De toute façon, pour moi, ce radar placé sur une autoroute tout à fait droite et sans danger n’est qu’une arnaque insupportable de plus de la part de la police. Elle est censée protéger le citoyen, mais en fait elle l’agresse en permanence pour lui piquer son fric, sous le prétexte mensonger de sa sécurité. Je prends la décision de ne pas lui rendre la tâche facile. Oui, mais… c’est encore la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Je vais assister à un ballet incroyable de fonctionnaires malhonnêtes et irresponsables, tous unis dans la volonté de saquer ce petit chef d’entreprise ! Il se trouve que le policier sur l’autoroute a eu le temps de noter mon n° d’immatriculation… La police vient l’après-midi-même me rendre visite à mon bureau. Celui-ci est situé au 1er étage d’un petit bâtiment, le rez-de-chaussée étant occupé par une autre société : un centre d’appel médical avec une dizaine d’opératrices. Ma voiture est toujours garée juste en face de leur baie vitrée et nous nous entendons très bien. Je dis aux policiers qu’à ma connaissance ma voiture n’a pas bougé de la matinée, qu’ils peuvent d’ailleurs le vérifier en interrogeant les filles du rez-de-chaussée. Je fais le pari qu’ils laisseront tomber ou qu’elles confirmeront que la voiture n’a apparemment pas bougé de la matinée. En partant, je vois les flics sortir immédiatement sans interroger les opératrices. Je me dis qu’apparemment, ils classent l’affaire. Mais pas du tout ! Le lendemain, je reçois un coup de fil de la police, qui me convoque au poste pour mon audition à propos de « mon » excès de vitesse et de « mon » refus d’obtempérer. Exaspéré, je refuse tout net, leur reprochant de ne pas avoir vérifié les témoignages et que, tant qu’ils ne l’auront pas fait, je ne me déplacerai pas ! J’ajoute que je suis chef d’entreprise et que mon emploi du temps ne me permet pas de me rendre à n’importe quelle convocation décidée sans preuve. Mon argumentation leur paraît assez solide pour que ce soit le commissaire de police lui-même qui m’appelle : Bruno Picquet. Celui-ci, de triste mémoire, pratique régulièrement l’abus de pouvoir comme on va le voir par la suite. Je le retrouverai deux fois sur ma route (voir 2001) et, chaque fois, je regretterai que la France ne dispose pas d’une justice indépendante pour le sanctionner comme il le mérite. Cet honnête policier, donc, m’engueule carrément au téléphone ! Il refuse de m’expliquer pourquoi les témoins ne sont pas entendus et pourquoi on a besoin de m’entendre à nouveau. Quand il menace de venir me chercher par la force à mon bureau avec une escouade, je capitule et me rends à son commissariat la mort dans l’âme (commissariat Waldeck Rousseau).

C’est là que je vais comprendre pourquoi il tient tant à me faire venir : il a concocté un joli faux témoignage pour me coincer, dans lequel il implique allègrement un Capitaine (qui a l’air très à l’aise dans ce genre d’exercice…) et un jeune policier (qui, lui, n’aime visiblement pas). Je suis reçu par Mme le Capitaine Potarin. Je lui rappelle poliment que ma voiture ne peut pas avoir été radarisée et que c’est facile à vérifier : si elle était vraiment sur l’autoroute, la police n’aurait sûrement pas manqué de noter que son flanc droit, celui exposé aux policiers en embuscade, est enfoncé et abîmé sur toute sa longueur. Mme le Capitaine sort donc du commissariat avec moi pour voir le flanc droit de ma voiture. Elle constate que j’ai dit vrai et repart …toute guillerette ! Je me dis qu’elle est probablement honnête et contente d’avoir enfin un élément permettant de classer l’affaire. C’est mal juger la malhonnêteté proverbiale de certains fonctionnaires de la police. En fait, elle est ravie parce que, ce qu’elle a vu ne lui paraît pas suffisant pour avoir à en tenir compte. Elle va pouvoir faire plaisir à Bruno Picquet… De retour dans son bureau, elle arme le piège. Elle me fait asseoir face à elle, dos au mur. A ma droite, sur le même mur, la porte de son bureau Cela signifie que quelqu’un qui entre doit tourner la tête à 90° sur sa gauche pour me découvrir et me voir …de profil. Elle me dit d’attendre puis téléphone à quelqu’un : « C’est moi… Oui, tu fais comme on a dit… C’est tout… ». La personne au bout du fil a l’air bien réticent mais, après tout, ça ne me regarde pas. Soudain, la porte s’ouvre à ma droite, un jeune policier tout timide entre et regarde Mme le Capitaine. Comme elle ne dit rien, il l’interroge : « Que dois-je faire ? – Eh bien, répond-elle, tu n’as qu’à dire oui ou non ». Le jeune policier, tout embêté, finit par répondre, sans oser me regarder : « Oui ». Satisfaite, elle lui dit alors : « Parfait, tu peux partir ». Une fois qu’il est sorti, elle me dit : « Vous pouvez toujours contester, vous avez été reconnu par un témoin au volant de votre voiture au moment de l’infraction ». Je m’étonne auprès d’elle d’un tel témoignage (d’autant plus que je suis bien placé pour savoir que ce n’était pas moi qui étais au volant). Très calmement, elle me répond : « Le témoin, c’est ce policier qui vient de sortir. Il vous a formellement reconnu. » C’est pas vrai ! J’ai donc été reconnu par un policier qui ne m’a pas regardé ! Sans compter que tout ce que dit le rapport de police, c’est : « un homme en train de téléphoner » et que les circonstances ne permettaient pas vraiment à ce policier – s’il était vraiment sur les lieux – de se souvenir du visage du contrevenant, de dos et avec un téléphone collé dessus ! Quand je quitte le commissariat, je suis encore abasourdi par l’acte de ripou auquel je viens d’assister. C’est donc ça notre police, protecteur de la population ? Je comprends alors que tout a été orchestré par Bruno Picquet, le supérieur du Capitaine lui-même le supérieur du jeune policier. Voilà pourquoi il tenait tellement à me faire venir. Et voilà comment à Nantes, un commissaire de police produit du flic ripou dans son commissariat ! Je vais reparler de cet honnête homme en 2001.

2. Sinistre spectacle d’un magistrat ripou, Mme de La Tolade, parodie de juge !

Grâce au faux-témoignage orchestré par Bruno Picquet, je me retrouve finalement au tribunal pour excès de vitesse et délit de fuite. Je n’ai pas d’avocat, faute d’argent… Visiblement, la juge, Mme de La Tolade, n’est pas pressée de me faire venir à la barre. En compagnie du Procureur M. Le Parlouer, ils font passer tout le monde devant moi. J’attends plus de 2 heures. Mais, du coup, j’ai le temps d’assister à la plus pénible parodie de justice que je n’ai jamais vue dans un tribunal. Et pourtant j’en ai connu, des tribunaux ! (rires) Cette juge, qui en début d’audience a eu le culot de s’autoproclamer « rempart de la démocratie », règne en fait sadiquement sur la foule de « petits » justiciables apeurés et sans avocats, comme une mauvaise reine règne sur ses sujets. Elle s’en gausse méchamment et s’écoute parler, soutenue par les rires la petite cour qui l’entoure sur l’estrade. Pendant deux heures, je la vois condamner à la file les excès de vitesse, sans le moindre discernement, toujours à la même sanction : 2 semaines de retrait de permis. Elle n’analyse rien et se marre bien. Puis elle passe aux cas d’alcoolémie. Elle condamne gaiement un automobiliste qui avait eu le malheur de se garer sagement sur le bas-côté de la route pour cuver l’excès de boisson de son dîner avec des clients. Les gendarmes l’avaient découvert en train de dormir dans sa voiture, l’avaient réveillé « pour voir si tout allait bien » puis verbalisé ! Pourquoi ? Parce qu’en lui faisant ouvrir sa fenêtre, ils avaient senti une odeur d’alcool dans sa voiture ! Et là, ils ont fait fonctionner la fantastique machine éduquée à la répression franco-française qui leur tient lieu de cerveau :

1) ce Monsieur est en état d’ébriété, mais il ne roule pas…

2) vu l’absence de bouteille, il avait trop bu avant de se garer là, ce qu’il a reconnu volontiers

3) il a donc circulé en état d’ivresse

4) Contravention !

5) Olé !

6) Convocation au tribunal !

7) Condamnation !

8) Olé !

9) Le fric va rentrer dans les caisses des fonctionnaires… oups ! je veux dire de l’État…

10) La vie est belle !

Cet homme avait un casier vierge, il sortait d’un repas d’affaire, donc il travaillait. Il avait été assez lucide pour s’arrêter et se garer correctement. Il avait fait exactement ce qu’il fallait. N’importe qui peut se retrouver en état d’ébriété une fois par erreur, les policiers comme les autres (lesquels ne sont pas condamnés…). Surtout un juge déjà complètement shooté par son pouvoir sur une assistance sans défense bêlant de frayeur. Cet homme au casier vierge, Mme de La Tolade, drapée dans sa vertu trouée aux mites, le condamne au maximum, le vilipendant pour toutes les morts qu’il aurait pu causer. C’est ensuite le tour d’une jeune et jolie tenancière de bar, que je vois encore marcher dynamiquement vers la barre. Elle explique que c’est la 1ère fois qu’elle est prise avec un taux d’alcool trop élevé, qu’elle est bien obligée par son métier de boire un peu avec ses clients, ce qui lui fait courir des risques supérieurs aux autres. Elle termine en soulignant qu’elle n’a fait courir de danger à personne. Condamnée comme les autres ! Et la toute pure Mme de la Tolade de lui faire la leçon sur les risques qu’elle fait courir à son entourage… C’est le tour d’un poivrot SDF au visage rougeaud. Il marche d’un pas incertain vers la barre. Pendant qu’il avance sous les regards de tous, Mme de la Tolade, trônant derrière son estrade, s’en gausse ouvertement : « Ah ! Regardez-moi ça… On voit bien à qui on a affaire ! » et elle rit, accompagnée de ses séides, greffier, procureur et assistants divers assis de chaque côté. Le pauvre SDF, c’est la 10ème fois au moins qu’il est pris en état d’ébriété et ce ne sera pas la dernière. On le « juge » à chaque fois. Il explique chaque fois que la bouteille, c’est son seul plaisir de la journée. La magistrate ne montre aucune pitié, aucune douceur. Elle ne réfléchit pas une seconde que c’est d’abord la faute de la société pour laquelle elle rend justice. Elle le condamne à une amende qu’il ne peut pas payer. Il le lui dit. Elle répond : « vous n’avez qu’à prendre l’argent qui vous sert à acheter vos bouteilles ! » et elle se remet à rire de son trait d’humour raffiné, toujours accompagnée de sa cour de sbires… Pitoyable spectacle de la justice quotidienne en France ! Sans pitié pour les plus vulnérables, qui ne lève pas le petit doigt pour les aider à se relever.

3. Faux témoignage du juge et 6 mois de retrait de permis !

Quand vient mon tour, je vois bien au regard de vipère qu’elle me lance que je suis le morceau de choix qu’elle attend impatiemment. A la barre, je maintiens une fois encore devant elle que je ne suis pas passé devant le radar, que les policiers n’ont pas interrogé les témoins, qu’ils n’ont même pas vu que ma voiture était cabossée, ce qui est l’absolue vérité. Elle me dit alors qu’elle a en sa possession le témoignage d’un policier qui m’aurait vu personnellement passer dans ma voiture face au radar ! Je lui dis que ce n’est pas possible vu que je n’étais pas là. Alors, elle me regarde et, devant toute la salle, décrit ma tenue vestimentaire, concluant : « Voilà ce qu’a vu le policier. C’est donc bien vous ! » Or, le rapport de police ne contient que : « un homme, en train de téléphoner ». Voilà un juge qui ment ouvertement devant toute l’assistance, qui crée un faux-témoignage public, se fichant complètement de l’image qu’elle donne de la justice ! Une vraie folle ! Furieux, je lui dis qu’elle vient d’inventer ce témoignage. Elle me menace alors d’arrêter mon comparution et de la reprendre dans une heure ! Alors, je me tais… Finalement, elle me condamne à 6 mois de retrait de permis ! On est loin des 15 jours accordés aux autres ! Je lui demande un « permis blanc » pour pouvoir conduire professionnellement en semaine, sinon mon entreprise va fermer. Elle répond : « C’est quoi, un permis blanc ? ». A côté d’elle, quelqu’un le lui explique avec déférence. Ayant bien compris de quoi il s’agit, elle refuse de me l’accorder…

Dans ce prétoire, ça faisait beaucoup d’injustices pour une seule matinée, vous ne trouvez pas ?

Comment peut-on laisser à des salauds pareils le pouvoir de juger ?

Tout en passant devant elle pour sortir, je la regarde, furieux, et lui dis que je vais faire appel. Un peu calmée, elle me répond : « Vous perdrez, Monsieur ! ». Elle ne me dit pas : « pour faire appel, allez dans tel bureau de ce tribunal ». Et moi, comme un imbécile, je rentre chez moi ! Comme un imbécile car j’ignore – comme sûrement la quasi-totalité des Français qui ont la conscience tranquille – que pour faire appel dans le cas particulier du tribunal de police, il faut rester dans l’enceinte du tribunal et se présenter dans un bureau spécial. Aucune notification écrite du jugement ne vous sera jamais envoyée ! Vous ne détenez donc aucune preuve de votre jugement, vous ne connaissez pas le détail de l’accusation, les faits qui ont été retenus, vous n’avez pas la preuve écrite du faux-témoignage du juge, vous ignorez le détail de la sanction, sa durée, la date de restitution du permis, etc. soit toutes les données nécessaires pour rédiger un appel. C’est ça la France ! Et moi, naïvement comme d’habitude, habitué aux procédures écrites, j’attends chez moi le courrier du tribunal qui ne viendra jamais…

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