En août 1999, je reçois une convocation au tribunal de commerce de Nantes pour le 28 octobre 1999. Je suis convoqué par le procureur de la république Calut sur les accusations de Dolley. Comme je suis toujours ruiné depuis le dépôt de bilan d’Arcane et que le dossier de Dolley est un tissu d’inventions faciles à démonter, je me présente le jour dit au tribunal sans avocat. Je n’imagine pas de perdre tellement mes arguments, testés auprès de nombre d’amis et de relations, sont indiscutables. Mais aussi parce que je me dis qu’un tribunal de commerce est composé de par la loi de patrons en activité comme moi, pas de magistrats fonctionnaires pourris, et qu’ils comprendront mes arguments sans difficulté. Hélas, je rêve encore… Incroyable mais vrai, il n’y a pas un seul vrai chef d’entreprise au tribunal de commerce de Nantes… Ce ne sont qu’experts-comptables et commissaires aux comptes, des sortes de fonctionnaires relais de l’État, et des consultants sans personnel. Tous en affaire ensemble dans leur vie professionnelle, tous cooptés qui plus est ! Je vais vous le prouver plus loin. Le chef d’entreprise est une denrée très rare dans les tribunaux de commerce, faute de temps disponible chez les vrais responsables. C’est le reflet de la faillite de notre démocratie dont je vais faire la démonstration plus loin.

J’entre dans la salle du tribunal où je découvre réunis un certain nombre de personnes qui m’attendent, installées autour d’une table. Un petit personnage insignifiant se lève en me voyant et s’approche de moi sans se présenter. Il me dit calmement : « Vous aimez polémiquer ? Vous allez être servi… ». Puis il retourne à sa place. Devant lui, je découvre un panonceau : « Louis Vercelletto, Président » ! C’est pas vrai ! Je vais être jugé par le juge avec qui j’ai échangé des courriers saignants il y a un an ! Celui que j’ai accusé de trop bien s’entendre avec ses liquidateurs. Un ennemi personnel ! (voyez cet article) Comment une telle erreur judiciaire est-elle possible ? La loi le contraint pourtant à se désister puisqu’il me connaît personnellement. Et le voilà qui se permet en plus de venir me narguer ! Heureusement, je reconnais un autre juge avec qui j’ai toujours eu de bonnes relations : Michel Humeau. C’est lui qui conseillait les chefs d’entreprises en difficultés en 1995. Je l’avais rencontré trois fois pour lui parler des difficultés de mon entreprise et chercher avec lui des solutions, avant de décider le dépôt de bilan. Je ne lui avais rien caché. Pour moi, c’est un homme honnête qui va sûrement me défendre car il sait que je suis moi-même honnête.

Hélas, dans le débat qui va suivre, Humeau n’ouvrira pas le bec. Il faut dire qu’il va être élu Président du Tribunal à la suite de Vercelletto. Tout ça est entendu d’avance. J’apprendrai par la suite, grâce à Christian Beugin, Président de l’Association des Victimes du Tribunal de Commerce de Nantes, qu’Humeau est commissaire aux comptes et expert-comptable de la quasi-totalité des juges du tribunal ! « Collusion » ! Du coup, il a l’assurance que cette écrasante majorité va l’élire Président. Comme Vercelletto, il a trempé dans les affaires louches du tribunal et ne va surtout pas indisposer son copain. A ma gauche, je découvre – grâce au panonceau portant son nom – M. Dolley, « mandataire liquidateur », l’homme au faux dossier, que je ne connais pas ne l’ayant jamais rencontré.

Il est livide ! Il suinte la trouille ! Je me dis que c’est bon pour moi, qu’il s’attend à se faire sonner les cloches à cause de son faux dossier. En fait, toujours naïf, je suis à côté de la plaque. Mon cas est déjà réglé et c’est cela qui le terrorise car on va y aller très fort… Dolley sait, comme toutes les personnes présentes soigneusement sélectionnées par Vercelletto, que je vais être condamné au maximum possible sur la foi de son faux dossier. Et ça, ça l’ennuie beaucoup…

Il y a aussi le greffier, M. Barbin, qui note discrètement et fidèlement mes arguments au fur et à mesure. J’ai beaucoup rencontré cet homme par la suite, surtout pour le compte de l’Association des Victimes du Tribunal de Commerce de Nantes. Il a toujours semblé franc, il a toujours répondu présent à mes appels et demandes concernant mon enquête sur la corruption dont j’avais été l’objet, bien qu’il soit un notable et que la chute de ma société m’ait transformé en has been. Il m’a délivré sans discuter copies des pièces demandées sur mon affaire, il n’a jamais évité la discussion avec moi. Mais, par ailleurs, il a toujours prétendu contre l’évidence que j’avais été condamné dans les règles, ainsi que Christian Beugin (le Président de l’Association) et que les juges de son tribunal sont honnêtes… ça, c’est un peu trop dur à avaler pour moi !

Il est impossible qu’un greffier ignore ce qu’il se passe dans son tribunal pendant des dizaines d’années, surtout après les tracts que Christian Beugin a commis, les articles de la presse nantaise, les plaintes des membres de l’Association des Victimes du Tribunal de Commerce de Nantes et les courriers qui transitent entre ses mains (dont l’aveu de Dolley fait en 2004). Sous l’avalanche d’arguments et d’informations que nous lui fournissons sur « ses » juges chaque fois que nous le voyons, M. Barbin finit peu à peu par ne plus bien savoir quoi répondre. Mais il s’obstine poliment à ne rien reconnaître… C’est donc un ripou comme les autres, mais un ripou poli…

Revenons à mon audience. Le débat commence. On m’expose poliment les faits reprochés dans le dossier de Dolley. Je réfute tout facilement. On m’écoute sans tenter de me contredire. Je réponds aux questions sans problème. Je reproche à Me Dolley de n’avoir pas vérifié le passif depuis 5 ans, de n’avoir pas vu que ce passif a pratiquement disparu par abandon ou remboursements des créances, de n’avoir jamais eu avec moi de débat avant de commettre un tel dossier. Je réfute toutes ses accusations contenues. Pour conclure, j’insiste sur le fait que je viens de démarrer une start-up grâce à des investisseurs, que je suis en train d’embaucher. Si j’étais interdit de gérer ou condamné à la faillite personnelle, elle serait amenée à déposer le bilan et donc à licencier à un moment où Nantes a cruellement besoin d’embauches d’ingénieurs de haut niveau.

M. Barbin notre scrupuleusement cet argument, comme tous les autres d’ailleurs. Je présente le témoignage de ma comptable, Mme Souillard, patronne d’une société de comptabilité. Il est émouvant de véracité (voir ci-dessous) et devrait suffire à innocenter quiconque. Vercelletto ne remet pas mes dires en cause. Tout le monde écoute, sans m’agresser. Finalement, je quitte la salle d’audience, rassuré, me disant que l’affaire va être classée sans suite…

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Le témoignage touchant de Mme Douillard, patronne de la société qui fait ma comptabilité…

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