Le « je vois ce que vous voulez dire… » du juge Petit – quand je fais allusion aux persécutions que je subis et auxquelles il vient de participer – m’incite à tenter un dialogue privé avec lui. Même s’il a commis contre moi un jugement partisan, j’ai détecté en lui un juge hors du commun. Il me paraît assez intelligent, honnête et curieux pour s’intéresser à mon cas et accepter de m’aider à le résoudre. Aussi, je lui écris une très longue lettre dans laquelle je lui relate mes soucis avec les juges nantais et rennais. Dès le début, je lui dis sincèrement ce que je pense de sa façon de juger :

« J’ai apprécié en vous : 1) un vrai respect des personnes à juger, quelle que soit leur position sociale ou l’évidence de leur crime 2) une réelle volonté de comprendre le problème qu’ils posent 3) une vraie intelligence capable d’y parvenir, dirigée vers la détection des responsabilités réelles de chacun 4) une stabilité émotionnelle parfaite face aux reproches parfois violents de ceux que vous condamnez, qui ne modifient en rien votre décision finale ! 5) une sincérité qui vous amène à écouter les reproches parfois infondés de ceux que vous venez de condamner et à tout tenter pour faire comprendre votre position. Enfin, la plus grande de vos qualités : 6) la recherche systématique de solutions visant à réhabiliter la personne condamnée, à lui faire mesurer ses erreurs, à l’améliorer.

Pour résumer, vous jugez en bon père de famille. Je n’arrive d’ailleurs pas à imaginer que vous ne soyez pas marié, avec plusieurs enfants ; tous heureux de vivre, et cela beaucoup grâce à vous ».

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Je modère immédiatement mon (son) enthousiasme en lui rappelant qu’il est cependant loin d’être parfait puisqu’il est capable de condamner un innocent pour faire plaisir à un copain. Je lui demande ce que je dois faire pour mettre un terme à mes persécutions judicaires. Hélas, trois fois hélas… il ne répondra jamais, même indirectement. Un an après, je lui écris à nouveau pour lui demander simplement si, oui ou non, il a bien reçu ma première lettre. Pas de réponse non plus…

Pourtant, mes lettres, il les a bien reçues ! Je le saurai le jour où je me trouve appelé devant lui à la barre comme témoin (à décharge) dans le procès d’Alain Malardé, celui qui a jeté par la fenêtre l’urne des juges du tribunal de commerce de Nantes pour protester contre leur corruption. Quand j’arrive à la barre, Petit m’accueille par ces mots devant toute l’assistance : « « M de Lespinay… » Est-ce que nous ne nous connaissons pas, déjà ? Vous m’avez écrit une lettre par le passé, je crois… – Oui, Monsieur le Président, mais vous n’avez pas répondu… – Ah oui ! Il faut nous excuser, nous avons eu tellement de travail que mon secrétariat n’a pas encore eu le temps de taper la réponse. » Ce salaud se fiche de moi ! Ce courrier a deux ans ! Lui que j’ai inondé de compliments, il me ment devant toute la salle dans des circonstances qui m’interdisent de lui répondre vertement, c’est à dire au moment où je vais témoigner en faveur de l’accusé. Pas l’instant idéal pour indisposer un juge… C’est ça, le ripou : bien drapé dans l’impunité de sa fonction, il produit de l’abus de pouvoir à la chaîne plus vite qu’une usine robotisée… Je ravale mon indignation et, devant une salle comble, avec journalistes et photographes, j’expose mon témoignage, extrêmement accablant envers Vercelletto, Dolley, Calut and co… Je m’étends sur la corruption de ce tribunal telle que je l’ai découverte petit à petit au sein de l’Association des Victimes du Tribunal de Commerce de Nantes, en étudiant les cas des différents adhérents. Quand j’ai fini, silence… M. Petit ne dit rien, personne dans la salle ne réagit et je retourne à ma place…

Vous croyez qu’un tel déballage public devant les médias a eu un quelconque retentissement ? Ou même, que le tribunal de commerce m’aurait poursuivi en diffamation ? Rien… Chacun est retourné chez soi, aucune enquête n’a été menée pour vérifier mes dires et ceux des autres témoins. Notre justice est un décor… Et notre presse est une poule mouillée.

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