Mi-1999, j’avais enfin réussi à convaincre une société de capital-risque, ADC (Paris), de m’apporter du capital pour me permettre de démarrer une start-up, Tree Logic, et de développer mon projet Tiara. Ensuite, il fallait que nous trouvions ensemble sous un an 1 million d’Euros pour lancer la commercialisation de Tiara. Quand, je me suis retrouvé au tribunal de commerce devant Vercelletto, c’était fin 1999 et je lui avais donc souligné que m’interdire de gérer c’était condamner ma société au dépôt de bilan. Mais cela lui convenait tout à fait ! Mon interdiction de gérer prononcée, j’en ai informé le patron d’ADC. Il réagit catastrophé : « Très mauvais ! Nous ne trouverons plus d’autre investisseur ! – Mais pourquoi ? – Parce que la Sofaris, organisme public dépendant de l’Anvar, garantit 50 % des capitaux investis dans les entreprises par les sociétés de capital-risque. Mais elle s’y refuse dans les sociétés où le fondateur est interdit de gérer. – Je vais prendre un autre gérant et bosser à la R&D et la commercialisation, je ne serai plus qu’un salarié comme un autre ! – ça ne changera rien ! ». Et, en effet, ça ne change rien… Les sociétés de capital-risque font dire qu’elles ne sont plus intéressées. C’est ainsi qu’en France, les administrations se passent le bébé, paralysant l’économie de leurs petites mains avides : l’une (la « justice ») vous colle une étiquette de lépreux, l’autre (la Sofaris) en tire argument pour vous refuser toute aide au financement sans considération de l’intérêt de l’innovation par elle-même. La dernière (Anvar-Oseo), pensant que vous seriez bien capable de vous en sortir quand même, fait tout pour couler votre société ! Il fallait bien les trois à la fois pour rendre impossible la survie de Tree Logic. En France, une seule chose marche bien, l’obstruction.

Tree Logic a besoin de beaucoup de capitaux pour mener à bien la commercialisation de Tiara. Il faut financer la production, le design du logiciel, les brevets là où c’est possible, la publicité, la commercialisation, l’embauche d’un Directeur des ventes à l’international, l’embauche du personnel de production et de support, l’embauche du personnel administratif, monter les partenariats, voyager de par le monde, etc. A cause de ma condamnation, nous ne les aurons pas. Il faut donc abandonner Tiara !La seule solution consiste à repartir en catastrophe sur ce que je voulais justement éviter : le marché des entreprises – et non plus des particuliers – avec la commercialisation de T.Rex, le cœur de mon invention (intégré dans Tiara). C’est ce que j’ai fait de 1986 à 1999 et ça n’a pas marché, vu entre autres l’opposition des services informatiques et la résistance au changement habituel dans les sociétés face aux innovations de rupture. Sur ce nouveau projet, je fais un  nouveau business plan et réussis à rassembler un peu de capital provenant d’investisseurs privés. Grâce à eux, nous procédons à une augmentation de capital. Nous avons maintenant théoriquement assez d’argent pour tenir un an, le temps de faire le chiffre d’affaires suffisant pour décoller.

Hélas… en 2001, arrive la fameuse crise mondiale baptisée « éclatement de la bulle Internet » ! C’est la débandade des investisseurs… Plus question d’espérer finaliser l’apport en capitaux. J’ai beau déployer tous les efforts commerciaux imaginables, les contrats n’arrivent pas, comme je le craignais d’ailleurs. C’est fini pour Tree Logic… Mi-2002, je dépose une nouvelle fois le bilan…

Vous allez penser : pour une fois, cette catastrophe n’est pas due à l’administration. Erreur ! Qui sont les investisseurs en France ? On les appelle des « zinzins » : des « investisseurs institutionnels »… Ce sont des banques (ex-nationalisées et hyper contrôlées), des assurances, des fonds de pension associés à l’État qui garantit leurs fonds (Sofaris…), c’est à dire, des quasi-administrations peuplées de quasi-fonctionnaires doublés de financiers n’ayant jamais vécu sur le terrain, incapables de comprendre le fonctionnement d’un marché. Ils se sont laissé berner par le démarrage d’Internet et par les mirobolantes promesses de jeunes entrepreneurs prétendant gagner des milliards avec ce marché planétaire. Ceux-là se sont quasiment tous cassé la figure  entre 2000 et 2003 ! Cette bulle Internet a démontré l’incompétence des zinzins. 

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