1.   M. de Buor, ex-président du tribunal et …mon tonton ! Le froid, le chaud, puis le tiède…

Ce que j’apprends ensuite me démontre que, même avec 50 candidats juges pour 6 postes à pourvoir, le problème de la corruption au tribunal de commerce de Nantes resterait entier. En effet, à quoi sert de proposer plein de candidats si les rares qui viennent voter sont en majorité des corrompus qui vont choisir tous ensemble les mêmes candidats, ceux qui magouilleront avec eux une fois élus ? Christian Beugin décide un jour de manifester contre ces élections truquées, devant le tribunal de commerce et les médias. Les membres de l’association se postent donc près de l’entrée. Nous déployons nos banderoles, du style : « Tribunal de commerce = Mafia », « Élections truquées ! », etc. Quelques maigres journalistes viennent voir et nous interrogent. Je m’attendais à un flot de votants pour cette élection importante qui renouvelle la moitié du collège des juges consulaires. En fait, il faut attendre pour voir arriver de temps en temps un votant, qui ouvre la porte du tribunal tout gêné devant cet attroupement. Je dirais, à vue de nez, qu’il y a eu une vingtaine de personnes à voter pendant les deux heures où nous avons été là. Parfois, il y a une grande gueule, qui arrive furieux de notre présence et ouvre la porte en nous méprisant ouvertement. Un de ceux-là, un vieux, je l’attends à la sortie pour lui clouer le bec en public quand il réapparaîtra après avoir voté.

Et c’est là que ça devient drôle… Quand il réapparaît, il est toujours aussi furieux contre nous et marmonne des insultes en nous fusillant du regard. Je me dirige vers lui  et l’apostrophe : « Monsieur, vous semblez avoir des reproches à nous faire. Peut-on savoir lesquels ? » Pas du tout intimidé, il me regarde et me dit avec mépris : « Vous êtes des petits rigolos, vous racontez n’importe quoi, vous êtes des manipulés ! ». Je lui décris alors la corruption du tribunal de commerce devant tout le monde, citant mon propre cas, puis celui de Christian Beugin qui se fait voler une entreprise en pleine santé. Il tente de contester en nous prenant de haut mais, là, il n’est pas de taille ! Autour de lui et devant la presse, les membres de l’association ajoutent argument sur argument, avec des dates et des noms. ça sent la vérité vraie, il peut difficilement continuer à nier. Alors il se calme un peu et dit : « Ces choses-là ne se sont pas passées de mon temps. Moi, j’étais respecté et n’ai rien fait de malhonnête ». Je lui demande alors ce qu’il faisait « de son temps ». Il me répond : « J’étais Président du Tribunal de Commerce » !  Nous sommes un peu surpris qu’il ait tant attendu pour le dire. Je lui demande alors son nom. Stupidement, il refuse de le donner ! Comme je me moque de son peu de courage, il me provoque : « donnez-moi le vôtre d’abord ». Je me présente. Il réfléchit et me dis songeur : « Lespinay, Lespinay… nous ne serions pas parents ? ». Je lui redemande alors son nom et cette fois, il me le dit : « de Buor ». Tout s’éclaire pour moi : c’est un oncle ! Je lui dis : « Mais vous êtes l’Oncle de Buor que ma mère aime tant ! » et nous tombons (poliment) dans les bras l’un de l’autre, pendant que les journalistes et membres de l’association s’esclaffent devant ce retournement de situation. Finalement, tout le monde se rapproche et nous nous mettons tous à discuter calmement avec lui. Chacun décrit son cas. Il écoute, gêné, sans savoir que dire. Il semble tout ignorer de la corruption des juges consulaires. Au bout d’un moment, il a visiblement envie de prendre la poudre d’escampette et nous fait ses adieux. Je lui dis : « Mon Oncle, pourrais-je venir vous rendre visite puisque nous habitons Nantes tous les deux ? » Et là, devant tout le monde, il hésite et finit par me répondre : « non… » Je n’en reviens pas ! Un tonton qui se dit intègre et qui refuse de voir son neveu ! C’est l’aveu public qu’il y a des sujets qu’il préfère éviter, c’est révélateur de sa complicité ! Il n’a même pas eu l’intelligence de me dire oui, quitte à se renier par la suite en privé, comme font tous les bons politiciens… Je ne l’ai jamais revu. Et je n’en ai pas envie…

2.   Vercelletto : face à mes accusations de corruption publique en présence de la presse, il n’ose pas me menacer de diffamation !

Tonton de Buor, l’ancien Président du Tribunal de Commerce, ayant quitté la scène, un autre prend sa place. Quelqu’un me tire par le bras : « Votre copain Vercelletto, il vient de sortir ! ». Je regarde dans la direction indiquée et vois bien deux hommes qui s’éloignent mais je n’en reconnais aucun. « Vous êtes sûr que c’est lui ? » demandé-je. « Absolument ! » Je me précipite alors et, arrivé devant eux, je n’en reconnais aucun. Ils me regardent, interloqués. Le salaud qui m’a interdit de gérer est un de ces deux-là et je ne le reconnais pas ! Je finis par apostropher celui qui a le plus de personnalité et accepte de me regarder en face comme s’il me reconnaissait. Je commence à l’accuse d’être corrompu, d’avoir commandité un faux dossier à son liquidateur Dolley… Mais il me fait signe que le vrai Vercelletto ce n’est pas lui, c’est l’autre… Oups ! Le vrai Vercelletto m’écoutait donc et se taisait pendant que son copain en prenait plein la figure… Encore une attitude révélatrice ! Je me retourne vers l’autre …et ne reconnais pas Vercelletto ! Il a une tête insignifiante, inexpressive, le mec passe-partout, sans intérêt, sans autorité. Il devrait être espion… Je devrais le haïr mais il ne m’évoque rien. Comme il reconnaît être le Vercelletto que je recherche, je le menace publiquement : « Monsieur, vous êtes un juge malhonnête ! Je vous poursuivrai aussi longtemps que je ne vous verrai pas condamné ! Vous avez fait fabriquer un faux dossier pour me condamner. C’est la prison qui vous attend ! » Lui, ex-président de tribunal, suffoque tout de même devant tant d’audace et tente de me menacer à son tour : « Mais, Monsieur… ». Comme c’est un lâche, il n’ose pas poursuivre. « Oui ? » me moqué-je publiquement car je crois deviner ce qu’il n’ose pas dire. « Monsieur ! reprend-il, je vais vous…» mais il n’achève pas. « Me quoi ? – Je vais vous poursuivre en justice pour… pour… » Décidément, il n’arrive pas à le dire ! Alors je l’aide : « me poursuivre en …diffamation ? » « Oui ! » répond-il enfin. Alors là, je me moque ouvertement de lui devant l’assistance qui se régale de cette altercation : « Mais je n’attends que ça, M. Vercelletto ! C’est justement ce qui me permettra de vous faire condamner ! J’ai toutes les preuves de votre corruption ! Faites-le donc si vous êtes un homme ! ». Il me tourne le dos et s’éloigne en maugréant… Il ne le fera jamais…

Vous aurez noté que j’insiste sur le fait que je ne l’ai pas reconnu. C’est très important pour la suite (le désir mimétique). Je suis pourtant physionomiste et rarement dans ma vie professionnelle on m’a reproché d’avoir oublié un visage. Il y a donc une catégorie de gens qui ne laisse pas de trace dans ma mémoire. Le jour de l’audience qui devait me conduire à l’interdiction de gérer, Vercelletto, après son petit speech d’accueil, s’était fait totalement oublier. Pour lui, l’affaire était jugée, il laissait les autres me questionner, de toute façon ça ne changerait rien… Dolley, qui le savait et était impliqué, mourait de peur. C’est pour cela que l’audience s’était bien déroulée, sans agression de la part des personnes présentes et que je n’ai pas vu venir son coup de Jarnac. Vu le peu de rapports que nous avons eus, je n’ai pas particulièrement cherché à le mémoriser. De plus, je m’en rends compte maintenant face à lui, c’est un petit homme au physique sans intérêt, déjà difficile à mémoriser… Remarque importante : ce visage anonyme est à rapprocher des agressions anonymes que je subis depuis des années. Et cette expérience bizarre va se reproduire (2009, Mme Chaigneau…). Ces visages anonymes sont la marque des médiocres, de gens sans personnalité. Comment font-ils pour se faire élire à des postes de pouvoir ?

La leçon à tirer de tout cela, c’est que trop de médiocres sont élus et obtiennent un pouvoir qui dépasse leur sens des responsabilités. On ne peut qu’en déduire que, contrairement à ce que tout le monde pense, le principe de l’élection paraît néfaste à la démocratie. Nous allons revenir plus loin là-dessus.

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