Voilà donc mon bilan une fois de plus déposé ! ça devient une habitude… Cultivé désormais dans  tout ce qui a trait à la faillite, je me méfie de mon liquidateur… Mais celui-ci, Maître Hervouët, se révèle tout à fait correct. Il me prend au téléphone, me donne les renseignements voulus et semble me respecter. Peut-être aussi a-t-il entendu parler de mes poursuites contre Dolley et Vercelletto, et/ou de mon appartenance à l’Association des Victimes du Tribunal de Commerce de Nantes, et ne souhaite-t-il pas avoir d’ennuis…

Je lui demande de quelles allocations chômage je vais bénéficier, étant salarié par la grâce de mon interdiction de gérer, et quand les versements vont commencer. Il me répond tout de go que je n’en aurai probablement pas ! Le fonds de garantie des salaires, une administration, va considérer que je suis gérant de fait et, en dehors de toute légalité, s’abstenir de me payer ! Comme on est en France, je découvre ainsi qu’une administration qui n’a aucun pouvoir de justice peut se permettre de la rendre, sans même convoquer le citoyen ou lui accorder la possibilité d’un débat contradictoire comme l’impose la loi. L’État la couvrira. Surtout si le justiciable condamné est un chef d’entreprise ! Je rappelle à Maître Hervouët qu’étant contraint d’être salarié, j’ai embauché un gérant pour me remplacer et cotisé aux Assedic comme tout salarié. Il me répond que ça ne changera rien et ajoute que, si ne recevant pas mon chômage je vais protester au tribunal des prud’hommes, d’abord je ne suis pas du tout assuré de gagner, ensuite ça prendra des mois ! Pendant lesquels ma famille et moi nous crèverons la gueule ouverte faute du moindre revenu. Effaré, je lui demande s’il voit une solution. Et, contre toute attente, il en voit une ! Pour une fois, je suis en face d’un liquidateur qui semble prendre réellement ma défense. Drôle d’effet… Je me méfie quand  même, bien entendu, mais on va bien voir.

Il prend rendez-vous avec M. Bonhomme, juge-commissaire du tribunal de commerce de Nantes et, devant moi, sollicite son accord pour me faire bénéficier du chômage par ruse : il suggère au tribunal de commerce de me condamner pour gérance de fait et de me sanctionner par l’amputer d’une partie de mon salaire… Ainsi, mon salaire devient fixé par décision de justice et une administration n’osera pas revenir dessus. Devant cette explication d’un haut niveau intellectuel, le juge semble complètement paumé ! Me Hervouët lui réexplique patiemment. Mais ça ne rentre toujours pas… A se demander ce qu’il fait dans ce tribunal ! Alors le liquidateur lui dit : « Laissez tomber ! Je vais m’en occuper moi-même, je sais ce qu’il faut faire. ». Tout rasséréné, le juge Bonhomme sourit alors et lui donne son accord… C’est qui le juge dans cette affaire ? Sous tous ses angles, la justice française me surprendra toujours… C’est ainsi que, depuis 2002 et jusqu’à aujourd’hui, j’ai la chance de percevoir un chômage de …1 300 € par mois. Un vrai salaire de PDG !

On est en droit de se demander ce que fait ce juge incapable de juger dans un tribunal. Visiblement, il y a des juges au tribunal de commerce qui ne sont pas là pour leur compétence… D’ailleurs, voilà ce que j’écrirai par la suite au Conseil Supérieur de la Magistrature :

« Voici une dernière information concernant la collusion des juges consulaires nantais : depuis plus de 10 ans, les juges-commissaires nommés par le Tribunal de Commerce de Nantes sont substitués en douce par d’autres pour s’occuper de certaines affaires ! Ca permet de mettre le « bon » juge sur la « bonne » juteuse affaire sans que personne ne le sache … Quand on détecte un jugement douteux à Nantes, il y a la plupart du temps un juge commissaire illégal derrière… ».

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