Pour une fois, ce paragraphe n’est pas destiné à crucifier un fonctionnaire, mais à en valoriser un. Je place l’événement ici quoiqu’il ait eu lieu 4 ans plus tard, parce que j’obtiens la confirmation de la corruption de Calut et que c’est important pour la suite. J’apprends qu’il existerait un procureur « intègre » à Nantes : M. Besson. Son prénom : inconnu ! Cela fait 12 ans que je cherche ce prénom sans le trouver. Les documents judiciaires qui le citent parlent de « M. Besson ». Bizarre… Ceci dit, un procureur intègre à Nantes, il me faut le voir pour le croire ! Aussi, je lui demande rendez-vous.

Une fois dans son bureau, il commence à me remettre – suite à ma demande – le dossier de ma procédure d’interdiction de gérer pour que je coche les pièces qui m’intéressent. C’est là que je découvre le courrier de Vercelletto à la Lettre à Lulu et que, du coup, je vais en parler à Nicolas de La Casinière qui est censée l’avoir reçue et ne m’en a jamais parlé. Il m’expliquera qu’il ne l’a pas fait car c’est un courrier puéril qui n’apporte rien que la bile de son auteur… Ensuite, M. Besson me fait photocopier les pièces choisies. Puis je l’interroge sur son sentiment sur cette affaire. Il me confirme sans se faire prier que Calut n’aurait jamais du me poursuivre sur la foi du dossier de Dolley, qu’il ne l’a pas vérifié et qu’il considère que j’ai été condamné à tort ! Voilà qui fait du bien ! Il me précise également que Calut n’est plus procureur à Nantes. Il me dit qu’il est prêt à m’aider en témoignant devant les journalistes en tant que procureur …pourvu que ce témoignage reste anonyme. Il y a une vingtaine de substituts du procureur à Nantes me dit-il, ce sera difficile de remonter jusqu’à lui précisément. Puis il sort en souriant sa citation-culte : pour le fonctionnaire « La plume est serve mais la parole est libre… ». C’est à dire : je peux dire ce que je veux mais surtout ne pas l’écrire. Probablement en vertu du principe que « les paroles s’envolent mais les écrits restent »… Sa maxime de fonctionnaire m’impressionne. Elle sent tellement son terroir millénaire …administratif ! En effet, si l’on y réfléchit bien, c’est la devise de tous les fonctionnaires conscients du boulet qu’ils représentent pour les Français. Ça leur permet d’abonder dans votre sens, de regretter les problèmes causés par leur caste, de conquérir votre sympathie …puis de ne rien faire, de ne rien dire ! N’en déplaise au fonctionnaire « intègre », « la plume est serve mais la parole est libre » est un aveu de complicité avec sa caste qui ne pourra jamais faire de lui un honnête homme. Je suis donc un peu déçu par ce témoignage anonyme qu’il m’offre mais prend quand même contact avec des journalistes. On ne sait jamais, ils obtiendront peut-être davantage de lui. Hélas, aucun ne s’avère intéressé : basé sur un témoignage anonyme, l’article aurait l’air d’un ragot. La déontologie journalistique ne permet pas ça. Je suis désespéré par cette occasion manquée.

A force de cuisiner M. Besson sur les recours possibles face au faux dossier de Dolley, il me suggère la plainte pour faux en écriture intellectuelle, devant le doyen des juges d’instruction. Mais je ne donne pas suite. Il m’aurait fallu un avocat osant s’attaquer au système mafieux nantais. Beaucoup trop cher… Et tout indiquait qu’une fois encore, tout ce panier de crabes se serait serré les coudes contre moi. S’ils arrivaient à me débouter, c’est moi qui risquais d’aller en tôle. Déboutant !

Une amie de l’époque m’invite alors à relater scrupuleusement par écrit cette réunion avec M. Besson pour ne rien oublier. Cela pourrait m’être utile un jour. Elle avait bien raison. Voilà ce rapport :

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