Au bout de 8 mois, je reçois un courrier du Bureau d’aide juridictionnelle dont voici le contenu : « Une aide juridictionnelle provisoire a été accordée le 10/03/2004 pour laquelle Maître Chaigneau a été désigné. Constate que le demandeur ne produit pas les pièces justificatives. En conséquence rejette la demande d’aide juridictionnelle » ! En somme, on a fait semblant de m’accorder une aide, on m’a affecté un avocat que je ne demandais pas, puis on me refuse l’aide tout en me laissant l’avocat ! Bizarrement, ce bureau n’a jamais fait l’effort en 8 mois de me contacter pour me réclamer des pièces ou me dire quoi que ce soit. Ca sent le coup fourré… Connaissant bien l’administration, j’avais scrupuleusement fourni toutes les pièces demandées dans la « Notice d’information du Service des Affaires Familiales ». C’est d’ailleurs ce qui m’a valu la nomination de Mme Chaigneau. Je m’en ouvre auprès d’elle et m’étonne que, depuis si longtemps, elle n’ait jamais vérifié auprès du bureau de l’aide juridictionnelle que nous l’avions ou non. Elle me répond que c’était à moi de le faire ! A force de la questionner, je finis par découvrir qu’elle a reçu la notification de refus il y a quelques temps et ne m’a rien dit ! Je lui demande pourquoi elle m’a caché que mon aide était refusée et qu’il manquait des pièces. Elle s’emberlificote dans ses explications en parlant de pseudo-vacances… 

Furieux, je réexpédie une demande d’aide juridictionnelle, cette fois-ci en contrôlant soigneusement chacune des pièces ! Puis je reçois la réponse : « demande refusée, il manque des pièces ». Exaspéré, je téléphone le 5 juillet à 11h à ce fameux service. Je tombe sur une femme très désagréable (une fonctionnaire…) à qui je dois arracher chaque mot de la bouche. Elle finit par me demander, excédée :

–          « Monsieur, quel est votre revenu mensuel ?

–          1 300 € moins les pensions alimentaires que je verse

–          On s’en fiche de vos pensions alimentaires !

–          Et je suis en surendettement reconnu par la Banque de France… 

–          On s’en fiche de votre surendettement !

–          Ah bon ? (gasp !) 

–          Oui ! Tout ça n’entre pas en ligne de compte ! De toute façon, vous n’avez pas droit à l’aide. Il faudrait que vous gagniez 844 €/mois pour en bénéficier à 100 %. A 1 250  €/mois, l’aide est à 15 %. Au-dessus, rien… Donc, avec 1 300 €, vous n’avez pas droit à l’aide ! ». 

Je lui demande comment faire pour payer une avocate quand le service surendettement lui-même reconnaît que je ne peux pas puisque je perds de l’argent chaque mois avec mon revenu actuel. Elle n’en a cure. Puis, comme elle trouve que j’insiste trop, elle me raccroche au nez ! J’aurai vraiment eu droit à tous les charmes de l’administration française…

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L’année suivante, le 1er février 2005, alors que j’aurai abandonné toute demande auprès du bureau d’aide juridictionnelle, celui-ci m’adresse un courrier : « Aide juridictionnelle refusée, manque des pièces  » ! Je ne réagis pas. Le 3 octobre 2005, soit 19 mois après ma demande et toujours sans avoir rien sollicité, je reçois un nouveau courrier du service d’aide juridictionnelle qui cette fois-ci me réclame des pièces ! « Faute de régularisation de votre part sous un mois, votre demande pourra être rejetée »… La machine à refuser s’est enrayée ! Ce qui est amusant, c’est que j’obtiendrai cette aide sans problème à Rennes pour financer ma nouvelle avocate Me Boreau, celle qui succèdera à Chaigneau… Grâce à elle, je gagnerai mon procès en divorce puis l’appel fait ensuite par ma femme ! Aujourd’hui, c’est elle qui me paie la pension alimentaire qu’elle me réclamait… C’est les deux seules fois que je gagne de toute ma vie ! Oh, ce ne sont pas de grandes victoires, mais cela fait psychologiquement du bien : elle est seulement déboutée des sommes énormes qu’elle me demande, sous prétexte que je dissimulerais des revenus importants. Me Boreau m’expliquera que j’ai gagné car les juges du divorce sont des « petits juges »… Ils ne font pas partie de la franc-maçonnerie des magistrats nantais, ceux qui m’ont mis à l’index…

 

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