1.   Jacques Filoupé, universitaire avouant n’avoir pas la moindre compétence dans le domaine dans lequel il va enseigner, compte bien tromper son monde et se faire du fric…

Mi-1986, à force de démarcher les entreprises et de tester mes hypothèses en IA chez eux, je découvre une méthode d’écriture de systèmes experts révolutionnaire, à base d’arbres de décision, que je baptise « la Maïeutique ». Elle me permet d’obtenir mon 1er contrat : un mois de développement à la Banque de Bretagne, simplement pour test. Le client veut vérifier que ma méthode marche avant d’aller plus loin. Fin juillet, le test ayant réussi, j’obtiens la commande définitive, à terminer fin 1986.

Jacques Filoupé – ce nom est un pseudo ressemblant que j’ai inventé pour l’épargner – est alors enseignant en informatique à Nantes et a entendu parler de moi. Il sollicite un RV et vient me rendre visite dans mon bureau. Il m’informe qu’il a pris la décision de démarrer un cycle d’enseignement en IA à l’université (l’Ireste) …tout en avouant rien n’y connaître ! Il vient donc étudier les collaborations possibles avec moi. Je le vois encore, adossé à la cheminée de mon bureau tout neuf rue Paul Bellamy, m’écoutant décrire l’invention que je viens de faire, la Maïeutique. Je lui montre mes outils et lui présente mes deux collaborateurs, tout heureux d’avoir trouvé un partenaire universitaire potentiel. Mais, en fait, Philoupé n’est pas venu pour le bien de ses étudiants et de la recherche française. En fait, il est venu pour voir s’il peut m’associer à un projet lucratif qu’il a en tête mais qui nécessiterait que je le prenne comme associé. Son idée, c’est de m’apporter sa « compétence » en IA – laquelle, on l’a vu, est nulle – et ses étudiants informaticiens pour des stages dans mon entreprise. Hélas pour lui …et pour moi je le comprendrai par la suite, je lui dis que la seule recherche qui m’intéresse, c’est une recherche centrée sur la Maïeutique, pas les recherches habituellement menées par l’université, qui ne mènent nulle part. Il me dit qu’il va réfléchir. Je ne le reverrai jamais…

Un an plus tard, j’apprendrai qu’il s’est associé avec un de mes copains du Club des Créateurs d’Entreprise de Nantes, Jean-Bernard Fournier. Jean-Bernard est conseil en recrutement et possède son propre cabinet. Il vient de fonder la Société Performanse à Nantes, destinée à développer des logiciels d’aide au recrutement. Lui a bien voulu prendre Philoupé comme associé pour sa compétence supposée en IA, mais il faut dire qu’il ne connaît rien à la question. Par contre, il connaît parfaitement mon expertise dans le domaine (j’ai fait entre autres une présentation sur vidéoprojecteur de l’IA et de la Maïeutique au Club des Créateurs d’Entreprises). Pourtant, bien que nous nous rencontrions dans notre club, il ne me parle jamais de son projet avec Filoupé… Ce n’est donc pas l’efficacité qui le guide mais autre chose… En fait, je l’ai compris plus tard, il sait qu’il va bénéficier de subventions et de stagiaires grâce à l’université et à Filoupé et que, par moi, ce ne sera pas possible. Il dispose donc d’informations que j’ignore : l’obstruction universitaire, qu’il ne me confiera jamais. L’avenir démontrera que, s’il chassait les subventions, il avait raison de m’éviter. Mais, sur le plan efficacité, il aurait été infiniment plus vite avec la Maïeutique pour de meilleurs résultats et finalement pour beaucoup moins cher… Il a donc été puni par où il a péché. Ceci dit, il m’avouera par la suite qu’il se fiche de savoir si c’est ou non de la vraie IA qu’il met dans ses logiciels… L’important, c’est qu’il ait disposé de développeurs gratuits. Quant à Filoupé, l’opération lui sied bien : il participe aux bénéfices de l’opération comme associé. Pour chaque soft vendu, il a sa part. L’argent de l’État (le nôtre) a donc été détourné par un de ses représentants pour arrondir ses fins de mois, en plus de sa rémunération universitaire. L’université nantaise est parfaitement au courant et n’en a rien à cirer…

2.   Atlanticiels, un concours nantais de l’innovation en logiciel qui ne me primera jamais, ni même ne fera la moindre citation de mes candidatures !

Grâce à la caution de Jean-Bernard Fournier, le Filoupé, cet universitaire incompétent, est devenu mon concurrent-ennemi secret dans ma propre ville. Pendant la dizaine d’années où il sera en activité à Nantes, il lui faudra bien protéger son bizness IA chez Performanse, contre ma réputation grandissante et nationale en IA. Il va donc œuvrer en coulisses, assisté de ses copains de l’université nantaise, pour m’écarter de toutes les subventions locales, de toutes les récompenses dédiées aux entreprises innovantes. Il me débine pour que je n’obtienne pas le moindre soutien officiel de la Ville, du Département, de la Région, ni de l’État… A ce petit jeu, il est très efficace car, contrairement à moi, il a le temps plus des complices nichés dans les administrations et tout acquis à sa cause. En tant qu’universitaire et « chercheur », il est  naturellement sélectionné par les institutions nantaises pour faire partie des jurys de concours de l’innovation chaque fois qu’il est question d’informatique.

Entre autres le concours Atlanticiels organisé chaque année à Nantes, qui récompense les innovations de ses jeunes entreprises en matière de logiciel. Un concours fait pour moi ! Car il n’y a pas d’autre société innovante en informatique à Nantes, du moins au point d’en faire des applications opérationnelles utilisées en entreprises. Quand je soumissionne la première fois, je suis certain que ma découverte en Intelligence Artificielle et ma première réalisation Joséphine (pour la Banque de Bretagne), qui m’ont valu une quarantaine d’articles dans la presse française, vont me valoir une récompense quelconque. En effet, ce prestige national d’une start-up nantaise rejaillit sur la réputation de la ville de Nantes. Hélas… non seulement je ne remporte rien mais pas à un mot n’est prononcé sur ma candidature ! Une obscure société remporte le concours pour une obscure « innovation » qui n’en mérite pas le nom. Chaque année par la suite, je postulerai, mettant en avant mes dernières découvertes et mes succès médiatiques et chaque année Atlanticiel m’ignorera superbement., primant une obscure « innovation ».

Voilà la clé de l’énigme : dans ces concours, et surtout Atlanticiels, Philoupé se retrouve avec des « copains » : d’autres universitaires et des représentants des diverses administrations locales : Anvar, Région, Chambre de Commerce, Ville de Nantes, Banque de France, Technopole de Nantes, Direction Régionale de l’Industrie et de la Rechercheetc. Pas un patron du privé, pas un chercheur indépendant, pas un spécialiste du marketing ! Non, des fonctionnaires jouant avec l’argent de nos impôts… Tous ensembles, avec allégresse mais dans la plus grande discrétion, ils me biffent des listes des candidats à retenir pour la sélection finale, sous le prétexte que je suis « bidon ». Ils ne me laissent même pas dans la short list pour que je ne puisse être cité comme candidat ! Je découvrirai le complot deux ans plus tard grâce à l’un d’entre eux : Michel Queguiner de la Chambre de Commerce (voyez en 1988), trop content de m’emm… Le complot sera confirmé plus tard par un étudiant de Philoupé (voyez 1994), puis par les quelques confidences arrachées à Jean-Bernard Fournier, un jour que je le rencontrerai dans le TGV de Paris.

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