1. Le colloque international d’Avignon sur l’Intelligence Artificielle : organisé cette année par la France aux derniers feux de la gloire de cette discipline…

En 1987, je loue un stand pour présenter mon invention et Joséphine aux « JIIA », Journées Internationales de l’Intelligence Artificielle. C’est un grand colloque mondial, organisé cette année par la France, àAvignon dans le Palais des Papes. Quand j’arrive dans la salle d’exposition, je découvre sur mon stand, comme tous les autres exposants, un formulaire nous invitant à proposer une conférence si nous avons à notre actif une réalisation en IA. Il paraît qu’en dépit des appels à conférences internationaux il y a trop d’exposés théoriques ce qui désole les organisateurs du Colloque. Ils ont besoin d’exemples concrets en IA. Je saute sur l’occasion et propose une conférence sur la Maïeutique, avec même démonstration de Joséphine, le « fameux système expert dont on parle tant dans la presse », sur grand écran par vidéoprojecteur ! Je propose de faire la présentation en compagnie d’un expert de la Banque de Bretagne, M. Prèteseille, qui m’a communiqué son accord. Il faut savoir qu’à l’époque – et encore aujourd’hui ! – personne n’ose faire de démonstration de logiciel innovant devant le grand public, de peur de « l’effet démo » (le plantage humiliant du logiciel devant tout le monde…). Je serai sûrement le seul à proposer une présentation aussi révolutionnaire, qui va redonner à l’IA le lustre que tous les chercheurs espèrent pour décrocher des subventions de recherche. Je me dis qu’enfin, je vais avoir la reconnaissance internationale qui va permettre à ma société de décoller !

Hélas, là encore je dois déchanter. Sur mon stand me parvient une fin de non-recevoir, sèche et sans explication. Abasourdi, je parviens à joindre par téléphone un des organisateurs du colloque qui, ennuyé, ne sait comment m’expliquer ce refus : « c’est le jury qui en a décidé ainsi, je n’y comprends rien et n’y peux rien… ».

2.   …mais, en fait, une manifestation à la gloire des seuls universitaires français

Pour tenter de comprendre malgré tout, je vais consulter le panneau des intervenants retenus pour les conférences. Sur 3 jours, il y en a une trentaine. Étonné, je découvre que les conférenciers sont exclusivement des profs, de tous les pays ! Les thèmes abordés sont ringards, irréalistes et à pleurer d’ennui. Ce ne sont que sujets théoriques déjà archi-rebattus dans les publications, provenant d’auteurs qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise. Conclusion : le jury (universitaire) était prêt à accepter une conférence pourvu qu’elle ne fasse pas d’ombre aux universitaires. Je suis à l’évidence victime de la jalousie d’un des corps de l’État : l’université. Mais cela, je ne le comprends pas sur le moment. Je me dis que ce refus a peut-être été motivé par le côté trop concret – donc peu recherche – de ma présentation.

Résumons ma mésaventure : j’ai payé un stand pour avoir une chance d’être en contact avec quelques uns des milliers de visiteurs venus du monde entier. Lesquels ont payé leur entrée pour  découvrir les dernières percées de l’IA. Mais les organisateurs – payés par le contribuable pour valoriser la recherche française – ont décidé de tenir secrets mes travaux, trompant tout le monde… Tout cela m’a coûté bien cher, pas un seul des visiteurs passés sur mon stand n’était intéressant, le gros n’était là que pour écouter les conférences …où je n’étais pas.

3. Heureusement, je suis un conférencier prisé dans le domaine de l’Intelligence Artificielle …mais dans le privé !

Voyez les journées JIIA 87 :

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