1. Vaillant, assistante sociale et bonne fille, se dépêche « gentiment » pour accélérer mon expulsion

Je résume l’enchaînement des causes qui mènent à mon expulsion :

1. la corruption des juges a provoqué mes 3 dépôts de bilan, ce qui m’a ruiné et déconsidéré auprès de mon épouse

2. elle a fini par demander le divorce après 27 ans de mariage…

3. ce divorce m’a contraint à déménager et à assumer le loyer d’un appartement suffisamment grand pour accueillir mes enfants, un 3 pièces co-loué avec mon fils, alors que je suis à un Smic amputé de 250 €/mois de pension alimentaire et de multiples saisies d’huissiers

4. ma femme, constatant mes difficultés et sans pitié, fait saisir la pension alimentaire directement à la source : aux Assedic (puisque je suis chômeur)

5. cette fois-ci, ne recevant plus assez pour à la fois vivre, recevoir mes enfants et payer mes dettes, je décide d’être à mon tour sans pitié, mais avec mon propriétaire, Martins, qui m’a loué un appartement doté d’un vice caché. Je retiens ses loyers tant qu’il n’aura pas remis mon appartement dans l’état où je l’ai trouvé en entrant.

Le jeudi 13 octobre, je suis invité par Mme Vaillant, assistante sociale du centre médico-social de mon quartier, à me rendre chez elle le 24 octobre à 11h15. Je suis parfaitement libre de ne pas pouvoir venir ce jour-là et de venir le surlendemain mais j’ai confiance en cette Mme Vaillant qui m’a déjà précédemment reçu gentiment. Elle peut m’aider car elle semble convenir de mon honnêteté et trouver mon expulsion irrationnelle. Je la rencontre donc à l’heure dite. Elle me demande s’il y a des changements dans ma situation financière ou si j’ai des choses nouvelles à lui dire. Je lui réponds que non. Elle rédige alors rapidement un rapport devant moi – que je ne peux pas lire – en m’expliquant qu’il est nécessaire pour ratifier ou non l’expulsion…. Jusque là, je la considère comme une alliée. Mais je dois déchanter : elle me donne congé et quitte la pièce précipitamment avec moi, le rapport en main. « Vous avez l’air pressée » lui dis-je. Elle me répond : « Oui, il faut que je faxe immédiatement ce rapport au juge ! » – « Mais il vous demande de le rendre le 26, dans deux jours ! C’est écrit dans votre convocation ! Vous ne pouvez pas attendre le 26 ? Ou le poster pour qu’il arrive demain ou après-demain ? Si vous le faxez aujourd’hui, ça va rendre mon expulsion possible avant la période d’hiver qui démarre le 31 au soir ! » Elle me répond à la hâte mais gentiment (!) : « Désolé, Monsieur, mais j’ai des instructions, c’est pressé. Alors je faxe tout de suite. » Ca aussi c’est l’écœurante administration : bien gentille par devant tant qu’il s’agit d’obtenir un maximum d’infos et sans pitié par derrière ! Mme Vaillant sait que cette expulsion est une arnaque et qu’elle pourrait la retarder ou la rendre impossible. Mais sa sympathie va vers les copains de l’administration. Dans son esprit, elle et moi ne sommes pas du même monde… Je deviens donc son ennemi… Je vous le répète : c’est ça la France ! Et il faut que ça cesse !

Grâce à la diligence de Mme Vaillant, Castagné peut organiser mon expulsion avec la police et les différents services de Nantes à vitesse grand V… La coopération volontaire et agissante de Mme Vaillant donne une idée de la dimension du complot qui me vise. Je vais découvrir qu’un nombre incalculable de services nantais, juges, greffiers, huissier, assistante sociale, procureurs, préfecture, mairie, police, etc. ont collaboré dans mon dos – pour une fois dans une parfaite efficacité – pour que mon expulsion « réussisse » avant la période d’hiver, soit en quelques jours…

2. Expulsion par la force, en compagnie de ma fille mineure

Le 31 octobre 2005 matin, je prends ma voiture pour aller faire des courses. Dans l’appartement, Diane, ma fille de 15 ans, et Charlotte, une amie de 22 ans, dorment encore. Elles savent qu’à tout moment les flics peuvent débarquer pour nous expulser et c’est d’ailleurs pour cette raison que Charlotte, qui est une vraie amie pour nous deux, a très gentiment décidé de venir dormir avec ma fille pour la rassurer. S’ils ne viennent pas, le lendemain c’est la période d’hiver et nous sommes tranquilles… Jusqu’au printemps. Quand je reviens, un véhicule de police est garé dans la cour de l’immeuble et une haie de policiers, serrurier, et huissier me regarde passer dans l’escalier ! Ma fille et son amie m’expliqueront par la suite qu’elles ont entendu tambouriner brutalement à la porte. Comme je n’ouvrais pas (j’étais parti !), elles se sont levées et ont ouvert …pour découvrir tout ce petit monde. Un policier leur a dit agressivement : « Habillez-vous fissa ! Et disparaissez de l’appartement ! ». On ne peut être plus aimable ! On comprendra mieux pourquoi la police est tant aimée de nos jeunes et de la population en général ! Apeurées, elles sont allées s’habiller et je suis arrivé. L’huissier m’ordonne de prendre mes affaires essentielles et de partir. Je reviendrai chercher le reste dans une semaine. En fait, il n’est pas chien et me laisse le temps de réfléchir à ce que j’emmène, le temps de l’emballer et de faire mes valises. Le tout va prendre une heure environ. Constatant sa mansuétude, je lui demande s’il se rend compte qu’il est train d’expulser un honnête homme pour le compte d’un malhonnête, Martins. Il me répond : « Si je devais réfléchir à l’injustice éventuelle de chacune de mes missions d’huissier, je finirais par me suicider ! ». C’est ça qui est beau dans l’administration : pas coupables, pas responsables, sourds, muets …et payés ! Des animaux… Les policiers me regardent avec un air dur. Ils sont hyper-tendus ! Mais ils ne m’agressent d’aucune façon, ils se taisent. On dirait qu’ils se posent des questions… On a du me présenter comme un criminel endurci ! Ce n’est pas tous les jours qu’ils virent d’un bel appartement (quoiqu’avec traces de colle…) une famille de gens bien élevés et visiblement pas pauvres, sans entendre de protestation et sans larme versée. Je leur parle gentiment pour tenter de les détendre. J’appelle aussi Christian Beugin, le Président de l’Association des Victimes du Tribunal de Commerce, pour l’informer que l’expulsion est en cours et qu’il peut venir s’il veut. Il a été lui-même expulsé dans les mêmes conditions que moi et pense que mon expulsion est illégale. Mais je ne comprends pas bien pourquoi… Il veut l’expliquer à l’huissier.

Les deux filles et moi rangeons nos affaires et descendons les installer dans la voiture. Christian Beugin arrive et se met aussitôt à expliquer à l’huissier et aux policiers que ce qu’ils font est illégal. Ils le laissent parler, sans réaction. Je lui dis qu’il perd son temps, que ce ne sont que des exécutants. Mais c’est qu’il a souffert de la même corruption que moi et qu’il est parfois têtu ! Je finis par le laisser discourir et termine mes rangements. Quand nos affaires sont toutes dans la voiture, nous descendons une dernière fois l’escalier pour partir. Soudain, un policier me rattrape précipitamment : « Monsieur ! Le Monsieur qui est là-haut, il refuse de partir ! Soyez gentil, convainquez-le, sinon il faudra employer la force. ». Tout à coup, ce policier me regarde comme si j’étais devenu quelqu’un de respectable. Il me supplie presque. Interloqué, car je ne vois d’abord pas quel est le « Monsieur » en question, je remonte l’escalier. Le policier me guide jusqu’à la cuisine où je découvre Christian Beugin cramponné solidement à la cuisinière ! Il me dit : « Ils n’ont pas le droit de vous expulser ! Je resterai là tant qu’ils n’abandonneront pas ! » C’est trop mignon… Il existe vraiment sur cette Terre des gens capables de se battre pour les autres ! Mais il est vrai que lui n’est pas fonctionnaire : c’est un chef d’entreprise… Je lui explique que c’est peine perdue, ce ne sont que des exécutants, qu’ils vont employer la force, que je le remercie infiniment mais que je lui demande de laisser tomber. A regret, il relâche la cuisinière et descend avec nous. Je n’oublierai jamais ce geste rare et courageux. Il ne faut pas oublier les gens qui ont de la valeur…

Pour ne pas rester sur une sensation d’échec, une de mes amies a organisé chez elle à Nantes pour Diane, Charlotte (qui est en fait sa fille) et moi un bon déjeuner précédé d’un bon apéro, où sont venus tous mes bons amis. Nous festoyons donc le plus gaiement possible, maudissant l’administration, la corruption des juges, l’autisme des huissiers et le « système » français en général… Quant à moi, il ne me reste plus qu’à organiser le déménagement définitif de mes affaires et de mes meubles …chez mes parents en Vendée, à 85 km de là. A 59 ans, je vais habiter chez mes parents… Tout me sera décidément arrivé…

Publicités