1. L’agression au tournevis 

Tout en lançant l’appel sur l’expulsion, mon avocat et moi demandons au juge de l’exécution un sursis à exécution de 2 ans, le délai habituel, pour pouvoir trouver un nouveau logement. Avec un peu de chance, l’expulsion sera cassée avant que je me retrouve dehors… Hélas, en attendant, Martins « s’amuse » à me contrarier. Après avoir réduit en catimini l’eau de mon appartement à un petit filet, il change secrètement la serrure de la porte d’entrée de son petit immeuble (21 octobre 2005) sans me donner la nouvelle clé (« anonymat »… « en secret »… on retrouve tout au long du livre cette lâcheté très révélatrice d’une certaine catégorie de personnes). Par contre, je le saurai plus tard, il l’a donnée aux deux autres occupants de l’immeuble dont sa fille. Celle-ci, qui réside au rez-de-chaussée et avec qui je m’entends bien, m’entend tambouriner à la porte et taper à sa fenêtre, elle bouge dans son appartement mais refuse de m’ouvrir ! J’appelle la police et ce n’est pas une mince affaire ! Elle aussi tambourine à la fenêtre et à sa porte, sans succès. Pour cela, elle est entrée dans l’immeuble. Mais elle m’interdit de la suivre pour entrer dans mon appartement. Les policiers finissent par me dire qu’ils ne peuvent rien pour moi. Vive la France ! Ils me conseillent de trouver un juge à la cité administrative. Mais on est samedi ! J’y suis allé …pour constater que la cité est fermée. Finalement, à contrecœur, ils ouvrent la porte de l’immeuble et ma fille et moi pouvons enfin entrer chez nous. Le lendemain, samedi 22 octobre 2005, j’aperçois Martins dans la cour de l’immeuble. Il est en train de bricoler la serrure, une fois de plus… Je sors pour lui demander la nouvelle clé de l’immeuble et le fais de façon tout à fait courtoise. Je n’ai aucunement envie de pourrir davantage la situation. Il m’informe tout de go que le juge de l’exécution vient de décider mon expulsion pour les jours qui viennent et que je dois partir avant que la police m’expulse ! Mon propre avocat ne le sait pas… Je lui réponds que je doute qu’il soit ainsi dans le secret des dieux (mais j’ai bien tort…). Alors, il m’ordonne de quitter les lieux. Je lui rétorque qu’on attendra le jugement. Furieux, il m’engueule et se met à pointer son tournevis vers mon visage pour me faire peur. Mais je n’ai pas peur d’un couard. Seulement, aujourd’hui, Martins est moins couard que d’habitude… D’abord, il est armé d’un tournevis, qu’il serre fermement. Ensuite, il sait que je suis le seul homme dans mon appart, mon fiston étant parti fin septembre habiter Paris. Et surtout, il sait ce que je ne sais pas : qu’il est soutenu à 110 % contre moi par toute une bande de fonctionnaires, dont la magistrature nantaise ! Il s’en trouve beaucoup plus fort… 

Donc, Martins s’approche en m’engueulant, me menaçant de son tournevis. Sous le regard de sa fille, qui a ouvert sa fenêtre et hurle je ne sais pas quoi, et en présence de ma flle et d’une de ses amies, qui sont même descendues dans la cour et le somment d’arrêter ! Il pointe son outil vers mon visage en donnant de petits coups en avant, tel le marteau-piqueur moyen, pour me faire peur. Vu la proximité de l’outil qui me frôle le visage et son état d’énervement, je finis par reculer tout en lui répondant calmement. Puis, constatant que mon discours n’a pas d’effet, je ne recule plus… Il me porte alors deux petits coups de tournevis dans la lèvre, sans gravité. Du coup, il s’arrête et se tait, craignant ma réaction. Mais cette attaque vénielle ne me fait pas perdre mon sang-froid. Je peux comprendre son sentiment d’impuissance face à quelqu’un qui le domine naturellement. Et puis, le voilà calmé ! Je lui dis que je vais porter plainte pour coups et blessures et rentre chez moi avec ma fille et son amie. 

Jamais il n’avait osé auparavant s’approcher aussi près de moi, malgré notre différend. Je ne fais ni chétif ni timoré et il craint ma force physique. Alors il fait ses coups en douce. Ma vulnérabilité soudaine aux agressions, je la dois à la corruption nantaise et c’est très grave ! Si Martins avait eu un couteau en main, c’est pour ma vie que j’aurais du craindre, à cause de la corruption nantaise. S’il n’avait pas eu son soutien, il aurait certainement fait les réparations dans l’appartement et nous nous entendrions parfaitement bien… 

2. Arrivée de la police 

J’appelle la police. Elle me dit au téléphone qu’elle arrive car elle a déjà été appelée par la fille de Martins ! Elle prétendrait que j’agresse son père ! Décidément, la malhonnêteté est affaire de famille. Les policiers arrivent et je leur montre ma lèvre qui saigne. Bien que sa fille prétende que c’est moi l’agresseur, Martins, qui n’est pas au courant, se plaint aux flics que je ne lui paie pas le loyer, me traitant de squatteur. Sa fille s’y met aussi. Elle si gentille d’habitude avec moi, se plaint de ce que je fais exprès du bruit la nuit pour l’empêcher de dormir ! 

Pendant que les policiers écoutent Martins, sa fille et la mienne donner leur version des faits, le petit copain de sa fille qui assiste aux débats appuyés contre le mur, me dit soudain agressivement en aparté : « vous êtes complètement fou ! ». Je m’approche de lui et le presse de m’expliquer pourquoi. Il me répond : « Vous ne savez pas à qui vous vous attaquez ! Vous êtes fou de le provoquer ! ». Pour moi qui ne l’ai pas provoqué, c’est l’inverse : je ne vois en Martins qu’un petit propriétaire d’origine portugaise, mal dégrossi et malhonnête, à peine Français et sans culture, lâche sans tournevis, qui ne sait même pas bricoler correctement dans un appartement… Pas de quoi représenter un danger pour un Français honnête. Je ne vois pas (encore) le membre de la nomenklatura qui me torture qu’il est, qui a le bras très long…

 

3. Plainte de Martins avec faux-témoignage

Une fois les policiers partis faire leur rapport, je dépose ma plainte. La découvrant puisqu’il est convoqué par la police, Martins réagit en faisant de même, prétendant que je l’ai agressé le premier. Or, le rapport de police rédigé sur les lieux au moment de l’altercation ne parle d’aucune agression. Il ne parle même pas de ma blessure à la lèvre ! Il fait quelques lignes et relate les discussions entre les parties, même pas les observations des policiers. Exaspérants ces rapports de police : ils sont trop succincts, trop souvent superficiels, parfois complètement erronés et rien ne peut servir à un procès ultérieur. Notre police manque désespérément de la formation dont la population a besoin. Le plus exaspérant c’est que, pour déposer sa plainte, Martins se rend auprès des mêmes policiers, ceux qui sont venus suite à l’altercation au tournevis et ne l’ont jamais entendu se plaindre d’avoir été agressé. Et là, il témoigne que je l’aurais roué de coups par derrière, sans aucune réaction des policiers ! Grâce à leur incurie, ou à leur complicité ? Sa plainte, qu’il ne peut pourtant pas étayer par un certificat du médecin contrairement à moi, est acceptée ! Le juge Sauvaget, plus tard, utilisera cette faille sans vergogne…

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