Le 15 novembre, je reçois cet email :

bonjour M. LESPINOIS,

je serais ntéressé pour entrer en contact avec vous ,sujet AI FORTE , et surtout sur auto-programmation.
BIEN CORDIALEMENT

DAVID LORENTE 

Ce Lorente écorche mon nom, fait des fautes d’orthographe, semble avoir écrit son mail à la va-vite, mélange les minuscules et les majuscules… Il parle d’ « AI Forte » abordant de ce fait un sujet bidon que je déteste. Heureusement, il reste « auto-programmation » qui, lui, relève bien de ma technologie. Je me dis qu’il doit s’agir comme d’habitude d’un étudiant à la recherche d’informations pour sa thèse, son mémoire ou son rapport de stage. Je lui réponds en lui communiquant mon numéro de téléphone, qui n’a rien de secret. Il me rappelle et je découvre qu’il s’agit en fait d’un homme âgé de la quarantaine, un peu bizarre car il ne veut rien me dire sur lui mais il veut tout savoir sur moi. Il se présente comme un ex-militaire français chargé de la veille technologique en France pour le compte d’une société américaine dont il refuse de me dire le nom. Il travaille sur un projet extrêmement ambitieux dont il ne veut pas me parler… Il prétend que ce projet a besoin de ma technologie pour aboutir. Je lui dis que s’il continue à me donner aussi peu d’informations je ne pourrai rien pour lui. Il me propose alors de me rencontrer, mais pas chez lui car il n’a pas de bureau et pas chez moi car il est trop loin (il dit habiter Cognac, 10 rue Gustave Flaubert). Il me propose la Rochelle, à mi-distance. Je suis intrigué par cet homme payé par une grosse société américaine et qui ne peut même pas se farcir la route jusque chez moi pour voir des démonstrations de la technologie qui l’intéresse tant… Je continue à le cuisiner, lui expliquant que cela m’ennuie de faire ce trajet, rien ne me prouvant qu’il sera là. Il commence à me lâcher alors quelques informations sur son projet qui me font dresser l’oreille : il me parle de MHD, la « magnétohydrodynamique », une technique révolutionnaire de propulsion. Or, il se trouve que je suis sensible à ce sujet depuis qu’il a été décrit dans le même Science et Vie que celui dans lequel est paru mon article sur l’Intelligence Artificielle : « MHD, la vitesse sans moteur et sans hélice ». Je connais donc tout naturellement cette discipline, fort intéressante, et même l’auteur de l’article, l’astrophysicien Jean-Pierre Petit. Pas pour sa théorie sur la MHD mais pour sa passion dévorante pour les aventures d’un groupe d’Espagnols en communication avec des extra-terrestres, les « Ummites », qui dura des années…

Du coup, je sais comment le tester. Visiblement, il connaît bien son sujet. Il me raconte même comment on a trouvé Jean-Pierre Petit errant par erreur sans autorisation dans un laboratoire US ultra secret travaillant sur la MHD. Cette intrusion non autorisée a flanqué une grosse trouille aux américains, persuadés qu’il faisait de l’espionnage technologique pour la France. Cette histoire fleure bon l’authenticité. Il me parle d’un projet américain très sophistiqué : la propulsion d’un « UCAV » par MHD. L’UCAV, c’est un drone censé se piloter tout seul. Tous les drones d’aujourd’hui sont pilotés du sol par des militaires installés dans des camions suréquipés, ce qui fait un humain immobilisé par drone, une machine volante qui ne peut s’éloigner de plus de quelques kilomètres et de plus dotée de réflexes terriblement lents par rapport à des automatismes électroniques. Il se demande si, avec mon IA, l’UCAV ne pourrait pas se diriger et attaquer tout seul. Je lui réponds « oui, bien entendu ». Il s’énerve alors : « Non, vous ne comprenez pas ! Un UCAV propulsé par MHD n’a plus aucun contact avec l’extérieur ! » Comme je ne comprends pas, il m’explique que la MHD impose de créer un plasma autour de l’engin et que ce champ électrique crée tellement de parasites qu’aucune onde radio ne peut le traverser. Donc, pendant toute la phase de propulsion MHD, l’engin est livré à lui-même… Du coup, son projet m’intéresse et je cours le risque d’aller à la Rochelle.

A la Rochelle, il est bien là… Ouf ! Il est venu avec un ordinateur portable et y insère une clé USB contenant selon lui un dossier ultra confidentiel. En effet, il me montre à l’écran une véritable encyclopédie en anglais de tous les aéronefs et projets d’avions américains depuis 50 ans, incluant drones et Ucav, avec les plans. Vu les dates de mise à jour très récentes, il y a sûrement des données confidentielles là-dedans. A mon tour, je lui fais quelques démonstrations sur mon propre ordinateur et il semble enthousiasmé. J’en profite pour le cuisiner et il finit par m’apprendre, à contre cœur, qu’il travaille pour LyTecc, une filiale de Boeing spécialiste de la MHD, mais que ça doit rester confidentiel car son rôle à lui consiste à « piquer » des technologies françaises pour le compte des américains. Je lui précise alors que je suis Français, pas américain, que je ne cèderai pas ma technologie à un pays, fut-il ami, sans avoir essuyé un échec définitif de la part de la France. Il m’engueule carrément !  Il m’explique que le gouvernement français se fout des inventeurs français, que tout est noyauté par les entreprises en place, Dassault en tête, qui profitent de leurs relations « en haut lieu » pour tuer toute innovation ne venant pas d’eux. Ce discours me paraît tout à fait véridique, car il correspond à ma propre expérience mais, par prudence, je ne lui dévoile pas le fond de ma pensée. Pendant les semaines qui suivent, lors de nos discussions téléphoniques, il continue à m’agresser par moment, sans raison claire. Je m’interroge sur notre collaboration et le lui dis. Pour se faire pardonner, il me transmet des propositions de collaboration scientifique confidentielles (NDA) de deux jeunes sociétés françaises « qu’il connaît bien » (Acies et Aeroart) pour que nous répondions ensemble à un projet européen d’Ucav (Call ICT 2009). Elles sont adressées à mon nom, ce qui prouve qu’il s’agit bien d’un travail fait pour moi. Je l’aide à répondre à un appel d’offre concernant le développement d’un Ucav exploitant ma technologie, destiné à une société US (projet BELLEME « IPTO » piloté par Georges Elleimer…).

Puis soudain, changement d’attitude : il me sourit au téléphone et me manifeste du respect. On dirait que j’ai finalement bien passé le test (mais lequel ?)… Nous convenons alors de nous associer. Je l’engage comme « Directeur Général Défense et Sécurité Stratégique » rémunéré à la commission sur les affaires qu’il m’apportera en France et à l’étranger. Puis, début décembre, plus aucune nouvelle de lui. Il ne répond plus ni au téléphone ni à mes emails. Comme il m’a dit qu’il devait partir aux États-Unis revoir ses patrons pour organiser des contacts avec moi, je patiente. Par prudence malgré tout, j’entre en contact avec ses correspondants des sociétés Acies et Aeroart, censés bien le connaître. Ils répondent qu’ils ne le connaissent pas et ne m’ont écrit que parce que Lorente le leur a demandé, se présentant comme mon Directeur Stratégique. Cette fois-ci, j’ai compris, j’ai été piégé ! Par un universitaire venu tenter de me discréditer ou peut-être par un membre des RG ou de la DST venu enquêter sur mon patriotisme. En tout cas par un fonctionnaire. Du coup, je lui adresse à Cognac un courrier de licenciement en recommandé …qui me revient intact, « non réclamé… Je cherche qui a bien pu être à l’origine de tout ça et pense à Serge Boisse : comme Lorente, il est dans l’aéronautique et nous avons un petit différend. De plus, il est maire-adjoint de son patelin. Ça crée des liens ! Mais il me répond qu’il ne connaît pas… Je dois me contenter de cette réponse.

Ce « Lorente » est donc le sous-marin de quelqu’un mais de qui ? Il s’est amusé à mes dépends, en dépit de ma méfiance. Je retiens cependant un petit indice significatif : dans ses emails, il écorche volontairement mon nom, probablement pour m’énerver ou voir ma réaction. La première fois, il m’appelle « Lespinois » puis, une fois qu’il connaît bien mon nom, il le réécrit différemment en le massacrant à nouveau. Jusqu’au dernier jour, ses mails sont adressés à « Lesponoy »… Le « de » est constamment passé sous silence…  Hélas pour lui, ça ne m’énerve pas. Tout au plus, je trouve que cela manque de sérieux, surtout pour quelqu’un qui veut devenir mon « Directeur Stratégique ». Je me contente de le lui signaler ironiquement le 28 novembre, remarquant qu’il orthographiait bien mon nom dans sa lettre de la veille… Il me répond que c’est un oubli.  À la réflexion, cela signifie plutôt qu’il est sensible à ce nom fleurant l’aristocratie vieille France et qu’il aime s’en moquer. Ajouté à son agressivité incompréhensible et à fleur de peau, cette jalousie inutile sent le fonctionnaire de gauche…

Pour eux qui ont les moyens d’enquêter, voilà les coordonnées de Lorente, dont seuls téléphone et email sont sûrs puisque nous avons échangés par ces moyens-là du 15 novembre au 2 décembre :

David Lorente

10 rue Gustave Flaubert

16100 Cognac

Tél : 06 65 06 96 65

Email : nano.poles@hotmail.fr.

Publicités