Je rencontre Mme Chaigneau quatre fois …sans jamais la reconnaître 

Je retrouve la véreuse avocate Mme Chaigneau en 2009 à la Roche-sur-Yon (Vendée), face au juge de surendettement. En effet, contraint et forcé, j’ai du accepter sa facture et la mettre dans le plan de surendettement. Elle s’est donné la peine de faire le trajet jusqu’à la Roche-sur-Yon pour distiller son poison dans l’oreille de la juge (car c’est une femme). Avant l’audience, pendant que je poireaute dans le hall à attendre mon avocate, Me Amélie Gizard, commise d’office par l’aide juridictionnelle, je vois une femme entrer dans le bureau de la juge et y rester au moins une demi-heure, jusqu’à ce que mon avocate arrive et que nous puissions entrer.Quand nous pénétrons dans le bureau de la juge, je découvre la femme penchée contre l’oreille de la juge en train de lui faire des confidences. À mon entrée, elle se tait immédiatement et se remet à sa place. Il n’y a pas de plus clair aveu… Je la regarde attentivement, cherchant à comprendre ce qu’elle fait là. C’est une petite vieille vêtue de sombre, au visage ingrat, crispée et grise, insignifiante. Quand je commence à exposer ma situation financière, elle me contredit brutalement, sans se présenter, avec mépris, invoquant des arguments sans preuve du genre « Tout le monde sait que M. de Lespinay dissimule de nombreux et importants revenus ». La juge me regarde avec hostilité et la laisse dire. Je me sens comme un violeur multirécidiviste… Mon avocate, elle, se tait… Je commence à nier, mais la juge me coupe à son tour la parole, m’affirmant que je gagne beaucoup plus d’argent que je veux bien l’avouer ! Je suis interloqué par ce parti-pris auquel je ne vois pas comment répondre. Comment démontrer rapidement que quelque chose n’existe pas ? Toute contente de son succès, la femme inconnue revient à la charge et sort, heureusement, une grosse accusation qui ne tient pas debout. Je démontre sans peine son « erreur ». Apparemment, je viens sans le savoir de produire l’argument-clé qui détruit tout ce qu’elle a distillé dans l’oreille du juge pendant mon absence. Pour la première fois, la juge me regarde, ébranlée, et semble disposée à m’écouter. Je démolis alors un à un les arguments à charge de l’inconnue, essayant d’avoir l’air le plus honnête possible pour ne pas la replonger dans le sentiment que je suis un escroc et que je cherche à l’embobiner… L’attitude du juge change, elle m’interroge maintenant sincèrement. C’est la première fois que je vois un juge désireux de faire la part du vrai et du faux ! Vous voyez, tout arrive à qui sait attendre !  Il est vrai que nous sommesen Vendéeet que le climat y est radicalement opposé à la corruption nantaise. 

A la sortie du bureau du juge, je m’offusque auprès de mon avocate qu’une adversaire ait pu impunément chauffer à blanc le juge si longtemps hors de notre présence. Elle sourit mais ne répond pas… Je vais mettre plusieurs jours à déduire que cette femme inconnue, la « petite vieille au visage ingrat, crispée et grise, insignifiante », ne pouvait être que Mme Chaigneau… Mais j’en doute encore car je ne l’ai pas reconnue et j’ai pourtant travaillée avec elle il y a quatre ans. Je demande à mon avocate de me confirmer ce soupçon. Avec mauvaise grâce, elle finit par convenir que, oui, probablement, c’était elle. Je m’étonne de son manque d’esprit de collaboration mais, les avocats commis d’office au titre de l’aide juridictionnelle ne sont jamais des flèches alors je ne relève pas. 

Lors du second rendez-vous avec le juge, je poireaute une demi-heure comme d’habitude devant son bureau, dans l’attente de l’arrivée de mon avocate systématiquement en retard. Cette fois-ci, me dis-je, si la femme inconnue se re-pointe, je vais bien la dévisager pour me la remettre en mémoire. Soudain, une vieille ressemblant à celle de la dernière fois passe devant moi et entre dans le bureau de la juge. Je ne l’ai toujours pas reconnue… Puis, après dix minutes, elle ressort et passe devant moi, le visage toujours fermé, sans me jeter un regard. Je ne la reconnais toujours pas ! Et pourtant, c’est elle assurément, les dossiers et la suite de mes mésaventures vont le confirmer. 

Pourquoi tant insister sur cette drôle expérience ?  Parce qu’elle démontre que cette adversaire est insignifiante au point que son visage n’a pas imprimé ma mémoire. C’est la même expérience qu’avec Vercelletto, que je n’ai pas reconnu tellement ce petit personnage est insignifiant. Ce que je voudrais que vous reteniez pour la suite du livre, c’est que mes adversaires sont anormalement anonymes ou insignifiants. Dans un monde normal, ils seraient trop faibles pour pouvoir me faire du mal. Mais nous sommes en France, un monde très particulier où ils sont unis dans une même franc-maçonnerie qui détient le pouvoir de faire du mal aux individus isolés, donc sans défense, qui les dérangent par une supériorité évidente…La source du désir mimétique.  

Déclaration anonyme de faux créanciers supplémentaires au Service Surendettement 

Vous aurez remarqué l’attitude peu coopérative de ma propre avocate, Amélie Gizard. Je ne m’en offusque pas étant donné qu’elle ne traite que des dossiers financés par l’aide juridictionnelle. Cela suppose que, si elle ne coûte pas cher, par contre elle n’est pas une bonne avocate. Les bons refusent l’aide juridictionnelle, qui les paie mal et en retard. Pourtant elle m’agace par bien d’autres travers : elle ne répond pas au téléphone, ne rappelle jamais, égare les pièces que je lui transmet par fax, met plus d’un mois à me répondre et le fait de travers, ce qui m’oblige à lui réécrire en lui reposant les mêmes questions. A part ça, elle est gentille et souriante, les reproches timides que je lui fais glissent sur elle comme l’eau sur les plumes d’un canard et elle travaille malgré tout. Son manque de professionnalisme va cependant se révéler dans un épisode troublant : dans mon plan de surendettement, il y a les créanciers que j’ai déclarés. Or, soudain, apparaissent parmi eux de nouveaux créanciers sans qu’elle s’en aperçoive ! Et parmi eux deux de mes anciens avocats, Me Boreau et Me Maillard ! En même temps que ma personne, la cour d’appel convoque en recommandé tous mes créanciers pour décider du plan de remboursement. Me Boreau ne répond pas. La cour me demande donc de la convoquer à mon tour. C’est ainsi que je découvre qu’on m’a rajouté de faux créanciers. Je réponds dans un courrier que je n’en vois pas l’intérêt, cette personne n’étant pas créancière et ayant été ajoutée clandestinement par une personne mal intentionnée. J’ajoute que, si la cour d’appel n’a pas réussi à obtenir une réponse, ce n’est pas moi qui vais en recevoir une et que je ne souhaite pas avoir à payer un recommandé inutile étant déjà en surendettement. La cour ne répond pas… Mais en audience, elle me reproche de n’avoir pas convoqué Me Boreau et décide la suspension de mon surendettement !

Je reste persuadé que je dois l’ajout de ces créanciers à Mme Chaigneau mais je ne peux pas le prouver.

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